Dans une communication officielle, Ensemble Pour le Gabon (EPG – Opposition) dit avoir pris acte des déclarations faites mardi par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, sur France 24, relativement au maintien en détention de son Président, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, depuis près de deux mois, notamment au sujet des relations plutôt « amicales » que Brice Clotaire Oligui Nguéma dit entretenir avec son principal challenger à la présidentielle d’avril 2025, chef de file de l’opposition devenu. A travers un certain nombre d’observations et de précédents, les compagnons de l’ancien Premier ministre, tournent presqu’en dérision les affirmations du chef de l’Etat et apportent de façon sibylline les « preuves » que « Alain-Claude Bilie-By-Nzé n’est pas l’ami du président ». Loin s’en faut. Ci-dessous, l’intégralité de la communication d’Ensemble Pour le Gabon.

« Le 2 juin 2026, interrogé sur France 24 au sujet de la détention de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et Président du Parti Ensemble Pour le Gabon, le Président de la République, Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema, a déclaré : « Il reste un ami. C’est mon ami, on n’a pas de problème ».
Nous prenons acte de cette déclaration. Mais les Gabonais ont également entendu le même Président affirmer à plusieurs reprises que le coup d’État intervenu le 30 août 2023 n’était pas dirigé contre Ali Bongo Ondimba, mais contre Alain-Claude Bilie-By-Nze. Les Gabonais ont entendu Alain-Claude Bilie-By-Nze déclarer dans plusieurs médias internationaux qu’il faisait l’objet de menaces de la part du Président de la République en raison de ses prises de position politiques.
Les Gabonais ont vu les porte-parole du pouvoir présenter son arrestation comme la conséquence d’une simple affaire privée, alors même que les faits allégués se rapportent à l’organisation d’une manifestation culturelle portée par l’État gabonais dans le cadre de responsabilités gouvernementales exercées en 2008.
Les Gabonais ont vu Alain-Claude Bilie-By-Nze privé de liberté à l’issue d’une interpellation musclée menée par la Direction Générale des Recherches (DGR), un service placé sous l’autorité directe du Président de la République. Les Gabonais constatent enfin qu’un homme présenté comme un ‘’ami’’ demeure détenu depuis plusieurs semaines, tandis que se succèdent les contestations de procédure, les reports d’audience et les interrogations sur les fondements juridiques de son maintien en détention, sans que son ‘’ami’’, pourtant garant des institutions de la République, n’appelle publiquement au respect scrupuleux du droit et des garanties fondamentales.
La nature réelle des relations personnelles entre deux hommes n’appartient qu’à eux. Mais lorsqu’elles sont invoquées publiquement pour commenter une affaire d’une telle gravité, elles doivent pouvoir être appréciées à l’aune des actes. Or, les actes publics ont souvent plus de poids que les déclarations médiatiques.
Si Alain-Claude Bilie-By-Nze est réellement un ami du Président de la République, alors cette amitié n’a manifestement empêché ni sa désignation comme adversaire politique privilégié, ni sa stigmatisation publique, ni son emprisonnement, ni les atteintes dénoncées à ses droits les plus fondamentaux.
Le débat n’est donc pas celui de l’amitié. Le débat est celui de l’État de droit. Le débat est celui de l’indépendance réelle de la justice. Le débat est celui des garanties auxquelles tout citoyen a droit, y compris lorsqu’il est le principal opposant politique du pays.
Sur ces questions, les Gabonais attendent toujours des réponses claires ».
M.-O. Mignonne
