Le bras de fer entre les occupants de terrains d’Essassa PK23, derrière Berthe et Jean, et la Société nationale immobilière (SNI) s’apprête à franchir une nouvelle étape. Réunis en assemblée générale, ce samedi 30 mai, dans le 2e arrondissement de Ntoum, les membres du collectif ont annoncé avoir saisi le Tribunal de première instance de Ntoum afin de contester les opérations de déguerpissement menées dans la zone.
Déterminés à faire valoir leurs droits, les occupants de terrains ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le combat sur le terrain judiciaire. Porte-parole du collectif, Simplice Ibouanga a indiqué que l’affaire devrait être examinée dans les prochains jours. « Nous sommes dans une phase décisive. La semaine prochaine, nous serons devant le tribunal. Nous appelons toutes les populations concernées à être présentes lors de l’audience », a-t-il déclaré devant les habitants mobilisés pour l’occasion.

Pour le collectif, la procédure judiciaire représente désormais l’ultime recours face à ce qu’il considère comme des déguerpissements abusifs. Dans l’assistance, plusieurs victimes ont exprimé leur détresse et appelé à l’intervention des plus hautes autorités. « Nous ne sommes pas contre les projets de l’État, mais nous voulons que tout se fasse dans la légalité », a plaidé Christiane Akoma Engone, l’une des personnes déguerpies, affirmant avoir perdu plusieurs plantations lors des opérations de démolition. La sinistrée a également lancé un appel au président de la République : « Nous l’interpellons en tant que père. Il n’y a que lui qui peut arranger cette situation ».

Pour sa part, Daniel Nzembi Doumou, gendarme à la retraite également touché par les déguerpissements, voit dans la saisine du tribunal une lueur d’espoir. « C’est une bonne nouvelle pour nous. Nous avons l’espoir que la justice nous permettra d’obtenir réparation », a-t-il confié.
Pour rappel, le collectif réclame l’arrêt des travaux, l’interdiction de toute commercialisation des parcelles ainsi qu’une régularisation foncière globale, tout en appelant à l’implication des plus hautes autorités de la République, notamment du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. La question foncière dans le Grand Libreville demeure l’une des principales sources de conflits entre populations, opérateurs immobiliers et autorités publiques, dans un contexte marqué par une forte pression urbaine et une demande croissante en logements.
Nkili Akieme
