Réunis ce mercredi à Libreville à l’occasion de la réunion extraordinaire du Bureau exécutif de l’Association des Maires du Gabon (AMG), les maires ont donné le coup d’envoi d’une vaste opération de relance de leur organisation. Réforme des textes, assainissement des finances, renforcement de la coopération entre communes et préparation de la prochaine Assemblée générale extraordinaire : le nouveau président de l’AMG entend redonner du poids à la voix des collectivités locales.
Fraîchement élu maire de Libreville, et devenu de facto président de l’Association des Maires du Gabon conformément aux statuts de l’organisation, le nouvel édile de la capitale Eugène Mba, a appelé ses collègues à faire de l’AMG une force de proposition au service du développement local.
« Cette responsabilité ne sera jamais considérée comme un privilège, mais comme une mission exigeante placée sous le signe de la mutualisation, de la concertation et de l’intérêt supérieur de nos communes », a-t-il déclaré devant les membres du Bureau exécutif, le Secrétaire permanent de l’Association et plusieurs responsables de l’administration locale.
Cette réunion, la première depuis le renouvellement des instances dirigeantes de la Commune de Libreville à l’issue des élections locales du 23 avril dernier, marque le début d’une nouvelle gouvernance de l’AMG. L’objectif affiché est de faire de l’Association un véritable outil d’accompagnement des collectivités locales et un interlocuteur crédible auprès des pouvoirs publics.
« Ensemble, nous devons bâtir une association toujours dynamique, influente et tournée vers la résolution des préoccupations des collectivités locales », a insisté le président Eugène Mba.
Pour atteindre cette ambition, plusieurs priorités ont été fixées : renforcer la cohésion entre les maires, développer les capacités des élus et des administrations communales, promouvoir les partenariats internationaux, encourager les jumelages entre villes et rechercher de nouvelles sources de financement.
Au-delà des ambitions, le nouveau président n’a pas éludé les difficultés qui freinent l’action de l’Association. Il a notamment pointé la faiblesse du recouvrement des cotisations des communes, principale source de financement de l’AMG.
Selon lui, cette situation limite fortement les capacités d’intervention du Secrétariat permanent et empêche l’organisation de mener pleinement ses missions, aussi bien au niveau national qu’international.
« Nous devons réfléchir ensemble à des mécanismes innovants et durables permettant de garantir notre autonomie financière et la mise en œuvre effective de notre programme d’actions », a-t-il plaidé.
Le Bureau exécutif a ainsi examiné plusieurs pistes, parmi lesquelles une mission itinérante de sensibilisation et de recouvrement des cotisations, ainsi que de nouvelles stratégies destinées à optimiser les ressources financières de l’Association.

Les travaux ont également permis de lancer les préparatifs de la sixième Assemblée générale extraordinaire (AGE) élective, prévue du 20 septembre au 1er octobre 2026 à Franceville, dans la province du Haut-Ogooué.
Cette grand-messe des maires devrait être consacrée à la réorganisation du Bureau exécutif, à l’actualisation des textes fondamentaux de l’Association ainsi qu’à la définition d’une nouvelle feuille de route pour les prochaines années.
Le Bureau exécutif a en outre examiné le rapport de la précédente réunion, analysé les perspectives financières de l’AMG et engagé les discussions sur le futur mode d’élection de ses dirigeants, un dossier présenté par la Commission technique permanente chargée des affaires administratives et juridiques.
En filigrane de cette première réunion sous sa présidence, le maire de Libreville a esquissé sa vision d’une Association plus influente dans le débat national. Il souhaite notamment renforcer le dialogue avec le Sénat, institution représentant les collectivités locales, mais également avec le gouvernement et les partenaires techniques et financiers.
L’ambition est de faire de l’AMG un véritable levier de développement territorial, capable de défendre les intérêts des communes et d’accompagner les politiques de décentralisation engagées par les pouvoirs publics.
Betines Makosso
