Trop, c’est trop. Exaspéré par les dérives de la parafiscalité, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema a haussé le ton face à une haute administration accusée d’asphyxier l’économie nationale.
Prélèvements abusifs, opacité des circuits financiers, contrôles anarchiques : le diagnostic dressé par le chef de l’État est sans appel. « Prélèvements excessifs, opacité dans la traçabilité, absence de coordination » — le communiqué de la présidence résume une situation devenue intenable pour les opérateurs économiques.
Face aux directeurs généraux réunis au palais présidentiel, le message est clair : mettre fin au désordre. Toutes les recettes devront désormais transiter par le Trésor public, seul habilité à collecter. Les prélèvements illégaux sont supprimés. Les doublons administratifs, éliminés. Et les contrôles, jusque-là dispersés et souvent abusifs, seront désormais coordonnés par un service unique.

Derrière cette fermeté affichée, une réalité préoccupante : sur le terrain, les pratiques dénoncées frisent parfois la prédation. Dans les marchés, commerçants et opérateurs économiques sont soumis à une pression constante. Dans les quartiers, de faux agents multiplient les prélèvements frauduleux avant de disparaître dans la nature.
Résultat : une économie sous tension et une vie chère qui s’installe durablement.
En tapant du poing sur la table, Oligui Nguema joue gros : restaurer l’autorité de l’État… et la confiance des acteurs économiques.
Carl Nsitou
