Trop, c’est trop. Exaspéré par les dérives de la parafiscalité, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema a haussé le ton face à une haute administration accusée d’asphyxier l’économie nationale.
Prélèvements abusifs, opacité des circuits financiers, contrôles anarchiques : le diagnostic dressé par le chef de l’État est sans appel. « Prélèvements excessifs, opacité dans la traçabilité, absence de coordination » — le communiqué de la présidence résume une situation devenue intenable pour les opérateurs économiques.
Face aux directeurs généraux réunis au palais présidentiel, le message est clair : mettre fin au désordre. Toutes les recettes devront désormais transiter par le Trésor public, seul habilité à collecter. Les prélèvements illégaux sont supprimés. Les doublons administratifs, éliminés. Et les contrôles, jusque-là dispersés et souvent abusifs, seront désormais coordonnés par un service unique.

Derrière cette fermeté affichée, une réalité préoccupante : sur le terrain, les pratiques dénoncées frisent parfois la prédation. Dans les marchés, commerçants et opérateurs économiques sont soumis à une pression constante. Dans les quartiers, de faux agents multiplient les prélèvements frauduleux avant de disparaître dans la nature.
Résultat : une économie sous tension et une vie chère qui s’installe durablement.
En tapant du poing sur la table, Oligui Nguema joue gros : restaurer l’autorité de l’État… et la confiance des acteurs économiques.
Carl Nsitou

« Toutes les recettes devront désormais transiter par le Trésor public » Ce n’est pas la première fois que l’on en parle. Pourquoi ce n’est toujours pas effectif ? On peut le voir avec le mode de paiement pour le nouveau permis de conduire.
Il n’y a pas que des faux agents, il y a aussi des agents en service corrompus. La population doit apprendre à être vigilante en exigeant de voir les badges ou les cartes professionnels et à dénoncer, de même pour les commerçants en règle. Si on veut tordre le cou aux mauvaises pratiques, même si on ne les éradiquent pas complètement, on peut au moins les freiner, c’est une question de volonté.