Le gouvernement gabonais a annoncé jeudi au terme d’une réunion du conseil des ministres la création du Comité national de la dette publique (CNDP), un organe appelé à jouer un rôle central dans la définition, le suivi et le contrôle de la politique d’endettement du pays.
Le décret confère au CNDP une mission stratégique. Il est défini comme « l’organe national de coordination, d’orientation, de conseil et de contrôle en matière de politique d’endettement et de gestion de la dette publique ». Une architecture qui traduit la volonté des autorités de mieux encadrer les engagements financiers de l’État, dans un contexte où la soutenabilité de la dette demeure un enjeu majeur.
Le CNDP repose sur une organisation tripartite. Le Comité de Coordination, instance décisionnelle présidée par le ministre en charge de la dette, constitue le cœur du dispositif. À ses côtés, le Comité technique est chargé de « l’analyse et de la formulation d’avis motivés sur les projets d’emprunts, de restructurations et de garanties », tandis que le Secrétariat permanent, assuré par la Direction générale de la dette, veille à la mise en œuvre opérationnelle des décisions.
Le texte encadre également de manière stricte les conditions de saisine. Le CNDP est « exclusivement saisi par la Direction Générale de la Dette, avec effet suspensif » pour toute opération d’endettement, qu’elle soit intérieure ou extérieure, mais aussi pour les projets de renégociation, de restructuration ou d’octroi de garanties. Une disposition qui vise à instaurer un filtre rigoureux avant toute prise d’engagement financier.
Soumis à une obligation de réserve et de confidentialité, les membres du Comité devront agir dans un cadre éthique exigeant, gage de crédibilité pour les partenaires techniques et financiers du Gabon.
L’ambition de Libreville est de renforcer la transparence, améliorer la coordination institutionnelle et restaurer la confiance autour de la gestion de la dette publique.
Selon l’agence de notation Fitch, la dette gabonaise devrait atteindre environ 80,4 % du PIB en 2025, en raison d’un recours accru à l’endettement pour financer les dépenses publiques et les investissements.
En valeur absolue, la dette se situe à plusieurs milliards de dollars (plus de 7 000 milliards FCFA), avec une part importante constituée de dettes extérieures et d’emprunts sur les marchés financiers régionaux et internationaux.
Marie Dorothée
