Le Parti Républicain et Démocratique (PRD) est monté au créneau à la suite de la passation de charges intervenue le 6 juin 2026 entre le président sortant du Conseil national de la démocratie (CND), Séraphin Ndaot, et le président entrant de la Commission nationale de la démocratie et de la participation citoyenne (CNDPC), Séraphin Moundounga. Si cette cérémonie s’est déroulée conformément aux usages administratifs habituels, le parti dit toutefois nourrir de sérieuses réserves quant aux conditions ayant conduit à cette désignation.
Dans une déclaration rendue publique, le PRD affirme avoir suivi avec une attention particulière cette transition institutionnelle qui marque une nouvelle étape dans la réforme des organes chargés de la promotion de la démocratie et de la participation citoyenne au Gabon. Mais derrière l’apparente normalité administrative, le parti estime que plusieurs zones d’ombre subsistent sur le plan juridique.
« Le Parti républicain et démocratique (PRD) appelle au respect des normes établies pour que l’action publique ne souffre d’aucune décrédibilité et que les principes d’un État de droit soient une réalité palpable dans notre pays », a déclaré Ariel Eloi Iwangou, président du PRD.
Le principal grief soulevé porte sur ce que le PRD qualifie de « précipitation » dans la désignation du nouveau président de la CNDPC. Le parti s’interroge notamment sur le calendrier adopté par les autorités, rappelant que la nomination du responsable de cette nouvelle structure est intervenue lors du Conseil des ministres du 22 mai dernier, alors même que le texte portant création, organisation et fonctionnement de la CNDPC est encore en cours d’examen devant les députés pour amendement et adoption.
Selon le PRD, la loi n°023/2022 du 13 février 2023 portant réorganisation du Conseil National de la Démocratie demeure toujours applicable, conformément aux principes juridiques régissant l’abrogation des lois. Pour cette formation politique, cette loi ne peut perdre sa validité qu’après la promulgation officielle du nouveau texte réformant le CND en CNDPC par le Chef de l’État.
Le parti s’étonne ainsi que le gouvernement ait fondé sa décision sur l’Ordonnance n°0008/2026 du 26 février 2026 relative à la création et au fonctionnement de la CNDPC, alors que le processus législatif n’est pas encore achevé.
Le PRD va plus loin en évoquant une possible violation des dispositions mêmes de cette ordonnance. Il rappelle notamment que l’article 14 précise que le président du Bureau doit être nommé par décret présidentiel et choisi parmi les membres de l’Assemblée plénière. Or, selon les responsables du parti, dans le cas présent, Séraphin Moundounga aurait été désigné en Conseil des ministres sous l’égide du ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions, sans qu’un décret présidentiel n’ait été pris dans ce cadre et sans qu’une Assemblée plénière des conseillers membres n’ait procédé au choix requis.
Au-delà de la seule question de procédure, le PRD considère que le respect scrupuleux des textes demeure essentiel à la consolidation des institutions républicaines. Pour cette formation politique, toute entorse aux règles établies risque d’affaiblir la crédibilité de l’action publique et de fragiliser davantage la confiance des citoyens envers les institutions.
Antoine Relaxe
