Le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a annoncé jeudi la fusion des sociétés SOGATRA et Trans’Urb, ainsi que la fin de la gratuité du transport public, communément appelée « Ngori » au profit des tarifs attractifs pour toutes les catégories sociales.
La fusion des deux sociétés donne naissance à la Compagnie nationale des Transports (CNT) qui rentrera en fonction très prochainement, selon le ministre.
Dans le cadre de cette réorganisation, un plan tarifaire attractif sera proposé aux usagers. Ceux-ci auront la possibilité de souscrire à des abonnements mensuels fixés à 17 000 FCFA pour le grand public. Les étudiants bénéficieront d’un tarif réduit de 8 000 FCFA, contre 5 000 FCFA pour les élèves et 3 000 FCFA pour les retraités. Par ailleurs, le ticket journalier est fixé à 1 000 FCFA, tandis que le trajet unique coûtera 200 FCFA.
La CNT sera dotée d’un parc de 125 nouveaux bus, dont 100 véhicules d’une capacité de 66 places assises et 12 places debout, ainsi que 25 bus de 26 places, destinés à renforcer l’offre de transport urbain.
La CNT se lancera désormais dans le segment juteux de la distribution des produits pétroliers pour garantir le manque à gagner du secteur de transport public. Le gouvernement a acquis, à cet effet, 12 camions citernes dont 6 pour le gasoil et 6 pour l’essence ainsi que 5 camions semi-remorques.
Selon Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ce sont au total 142 véhicules neufs qui ont été achetés en l’espace de 100 jours, dans le but de garantir un service de transport public fiable et performant.
Toutefois, au-delà des investissements matériels, le succès de cette réforme dépendra également d’une évolution des comportements. Les pratiques de détournement de recettes, longtemps reprochées à certains conducteurs, devront être définitivement éradiquées. De même, la fraude chez certains usagers, constitue un défi majeur à relever.
Enfin, l’état dégradé du réseau routier de la capitale demeure une contrainte structurelle importante. Malgré leur robustesse, les bus ne bénéficient pas toujours de conditions de circulation favorables, ce qui allonge considérablement les temps de trajet et nuit à l’attractivité du transport en commun. À Libreville, l’usage de l’autocar reste encore, à tort, associé à une image de précarité qu’il conviendra progressivement de déconstruire.
Carl Nsitou
