Élections professionnelles aux Impôts : le SYNAAF dénonce une fraude « nauséabonde »

Le Syndicat national des agents de l’administration fiscale (SYNAAF) a dénoncé avec véhémence, au cours d’une assemblée générale, ce qu’il qualifie de « tripatouillage » des résultats des premières élections professionnelles de l’histoire du Gabon, organisées le 28 avril 2026.

Alors que les résultats issus de la Direction générale des Impôts (DGI) avaient été transmis à la Commission nationale des élections professionnelles (CNEP) pour consolidation et publication, le SYNAAF affirme avoir constaté d’importantes divergences entre les chiffres centralisés par l’administration et ceux proclamés par la commission.

« Nous constatons, avec regret, que lors de la proclamation des résultats par la commission ad hoc, comme par un coup de baguette magique, le SYNAAF, qui était pourtant vainqueur de l’élection au niveau des Impôts, se retrouve avec 180 voix, contre 218 pour le MSI, alors que ce dernier avait été battu. Cela laisse présumer une fraude », a fustigé Louis Benga Matia, l’un des responsables du syndicat.

Selon les résultats centralisés par la Direction des ressources humaines et des moyens du ministère de l’Économie et des Finances, le SYNAAF affirme avoir remporté ce scrutin avec 226 voix, contre 167 pour son unique adversaire, le Mouvement syndical des Impôts (MSI).

« Pour nous, il existe une volonté cachée derrière les résultats proclamés », s’est indigné M. Benga Matia, porte-parole du syndicat.

Face à cette situation, le SYNAAF a engagé plusieurs recours administratifs. Maixent Ndamban, autre membre du syndicat, a indiqué que l’ensemble des procès-verbaux provenant des différentes directions concernées, y compris les directions provinciales, ont été compilés et transmis à la CNEP en guise de preuves.

Deux courriers ont également été adressés au ministre de l’Économie et des Finances afin de solliciter son intervention dans ce dossier.

La Commission nationale des élections professionnelles aurait, pour sa part, demandé la production de ces éléments justificatifs afin de « statuer définitivement » sur ce contentieux.

Pour Louis Benga Matia, le respect de la sincérité du scrutin est une exigence fondamentale.

« Ne pas respecter la vérité des urnes, c’est déshumaniser ceux qui ont voté aux Impôts. Et nous n’allons jamais tolérer cela », a-t-il averti, tout en interpellant les plus hautes autorités du pays sur les risques d’« un dérapage absolu » si cette affaire n’était pas traitée avec la plus grande rigueur.

Antoine Relaxe et Georlain Nziengui Koussou

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