Port-Gentil : Les populations, excédées par les contrôles policiers jugés ‘’intempestifs’’

Dans la capitale économique, Port-Gentil (littoral sud), la multiplication des contrôles policiers dans plusieurs quartiers alimente un mécontentement croissant et un sentiment de profond malaise, notamment chez les transporteurs urbains et autres usagers de la route. Si ces opérations sont officiellement justifiées par la lutte contre l’insécurité et la délinquance, de nombreux habitants dénoncent des dérives assimilées à du racket.

Du centre-ville à Matanda, en passant par les quartiers Saint-André, derrière Codev, Omboué-Central ou encore Château, les agents des Forces de police nationale, antenne Port-Gentil sont présents partout et à toute heure. Une omniprésence qui pèse vraisemblablement sur le quotidien des citoyens.

« Ils n’ont pas le temps de vérifier les papiers. Tout ce qu’ils veulent c’est le cash. Ce qui est regrettable c’est qu’ils n’arrêtent personne au final, ne délivrent aucune contravention et se contentent parfois des broutilles », déplorent en chœur de nombreux taximen exerçant dans le périmètre urbain.

Si certains reconnaissent la nécessité de sécuriser la ville, d’autres dénoncent des contrôles jugés abusifs et mal ciblés. « S’ils veulent intimider les voyous, qu’ils aillent directement dans les ghettos. Ils savent où les semeurs de troubles se cachent.

Qu’ils nous laissent en paix », fulmine François Koumba, évoquant une présence policière constante, « sous le soleil comme sous la pluie, même les dimanches et jours fériés ils ne lâchent rien », dénonce Anatole Agambouet.

La répétition des contrôles sur de courtes distances accentue l’exaspération. « Forasol ils sont là, à la cité Otando ils sont là… Derrière Codev ils sont là-bas et d’autres au Bazard de la Mosquée. C’est vraiment insupportable. Que le nouveau Commissaire regarde cette situation car cela salit l’image de la Police », s’agace Jean-Guy Mezui.

Près d’un tiers des usagers témoignent avoir déjà versé de l’argent lors de contrôles. Une situation qui alimente la défiance et renforce un sentiment d’injustice, notamment chez les travailleurs du secteur informel. Face à cette tension, plusieurs voix appellent à un encadrement plus strict des contrôles, à une meilleure formation des agents et à la mise en place de mécanismes de plaintes.

Féeodora Madiba et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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