L’Arcom, l’autorité publique indépendante garante de la liberté de communication en France a infligé le 15 juin dernier une mise en demeure à la chaine d’information CNews fondé par le patron de Canal+, Vincent Bolloré pour un traitement déséquilibré et dangereux de certains sujets d’actualité.
La sanction a été infligée au milliardaire qui tire une grosse part de son profit en Afrique suite à une enquête soigneusement documentée par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).
« Dans sa décision rendue ce 15 juin 2026, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) dresse un constat accablant. Après avoir analysé 168 heures de programmes sur CNews au mois de mars 2025 qui faisait l’objet de l’enquête et de la saisine de RSF, le régulateur estime que trois quarts des séquences expriment “à quelques nuances près” le même point de vue. Pire, ajoute l’Arcom, les points de vue divergents “demeurent isolés et se voient même dans certains cas dévalorisés”, a écrit RSF dans un communiqué.
Sur le contenu, à l’instar de RSF, l’Arcom a identifié une hyperconcentration éditoriale et des thématiques traitées à l’unisson.
La religion musulmane est présentée sans réelle contradiction “comme une menace pour la société française” ; l’immigration, abordée de manière récurrente, est présentée comme un facteur déterminant de la montée de l’insécurité ; les affaires judiciaires font apparaître la surreprésentation de certaines thèses ; La France Insoumise fait l’objet “de mises en cause particulièrement vives sans contradiction significative” ; ou encore la guerre en Ukraine est traitée de manière “largement univoque” pour critiquer le soutien de la France.
Carl nsitou
