D’après un rapport de la Banque africaine de développement (BAD) publié dans le cadre des 61ème assemblées annuelles de l’institution qui se déroule à Brazzaville (Congo) du 25 au 29 mai, l’écosystème du financement du commerce en Afrique montre des signes encourageants de maturité, même si d’importants défis persistent.
Selon ce document, le déficit de financement du commerce sur le continent a connu une amélioration notable ces dernières années. En 2024, la demande non satisfaite est estimée à moins de 92,1 milliards de dollars (environ 74 milliards de dollars), un niveau en baisse par rapport à la décennie précédente.
Cette évolution traduit une progression des capacités des institutions financières africaines à répondre aux besoins des entreprises, notamment grâce à une implication accrue de nouveaux acteurs comme les institutions de développement financier.
Malgré ces avancées, l’Afrique reste un acteur marginal dans le commerce mondial. En 2024, le commerce de marchandises du continent est estimé à 1 352,7 milliards de dollars, tandis que le déficit mondial de financement du commerce atteint 2 500 milliards de dollars.
La part de l’Afrique dans ce déficit mondial s’élève à seulement 3 %, un niveau désormais proche de sa contribution au commerce international (2,7 %). Une situation qui contraste avec celle de 2019, où le continent représentait une part plus élevée du déficit que de ses échanges commerciaux.
Des initiatives structurantes pour accélérer la dynamique
Parallèlement, plusieurs initiatives panafricaines contribuent à améliorer l’accès au financement et à fluidifier les échanges. Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui regroupe déjà 16 banques centrales et plus de 150 banques commerciales, vise à réduire les coûts de transaction et les contraintes de liquidité.
Le lancement de PAPSSCARD en 2025 marque une nouvelle étape dans cette dynamique. Cette solution permettra des paiements transfrontaliers instantanés et à moindre coût, tout en réduisant la dépendance aux systèmes de paiement internationaux.
Vers une consolidation du marché africain
À terme, ces réformes et innovations pourraient renforcer le commerce intra-africain et soutenir la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’objectif est clair : combler progressivement le déficit de financement et positionner davantage l’Afrique comme un acteur clé du commerce mondial.
Malgré des progrès tangibles, les experts soulignent que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour améliorer l’accès au crédit, notamment pour les PME, encore largement exclues des circuits de financement traditionnels.
Ainsi, si le continent avance dans la bonne direction, le chantier du financement du commerce africain demeure ouvert, conclu le texte.
Yves Laurent Goma, envoyé spécial à Brazzaville
