Entrepreneuriat féminin : la Société de Garantie du Gabon veut lever les freins à l’accès au financement

La Société de garantie du Gabon (SGG) a organisé le 27 juillet 2026 à Libreville, une journée consacrée à l’entrepreneuriat féminin, placée sous le thème « entreprendre au Féminin : Ensemble, levons les obstacles ».

Organisé sur invitation, l’événement a réuni une quarantaine de femmes entrepreneuses venues de Libreville, mais également de plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment  de Port-Gentil, Oyem, Mouila, Lébamba, Lambaréné et Oveng. Porteuses de projets dans des secteurs d’activité variés, elles ont échangé avec sept institutions financières partenaires ainsi qu’avec plusieurs acteurs institutionnels mobilisés autour de la question du financement des entreprises dirigées par des femmes.

La rencontre s’est tenue sous le haut patronage de Zenaba Gninga Chaning, Ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI, dont la présence a traduit l’intérêt accordé par les pouvoirs publics au renforcement de la participation des femmes à la croissance économique nationale.

En ouvrant les travaux, le Directeur général de la Société de Garantie du Gabon, Etho Alban, a rappelé la mission de son institution, qui consiste à faciliter l’accès des entreprises gabonaises au crédit bancaire grâce à des mécanismes de garantie réduisant le risque pour les établissements financiers.

En effet, sur les 436 entreprises actuellement accompagnées par la SGG, seules 98 sont portées par des femmes, soit 22 % du portefeuille. Pour le Directeur général, ce faible taux ne traduit en aucun cas un manque de compétences ou d’ambition des entrepreneuses gabonaises. Il est avant tout le reflet de nombreuses difficultés : insuffisance de garanties, dossiers parfois mal structurés ou encore faible connaissance des dispositifs d’accompagnement existants.

Afin de répondre à ces défis, la SGG a développé un mécanisme spécialement dédié à l’entrepreneuriat féminin. Ce dispositif permet de garantir jusqu’à 75 % d’un prêt bancaire, offrant ainsi davantage de sécurité aux banques et facilitant l’accès des entrepreneuses au financement nécessaire pour créer, développer ou consolider leurs activités.

La matinée a été marquée par une présentation consacrée à l’état de la formalisation des entreprises féminines au Gabon, suivie d’un panel de haut niveau sur le thème : « comment favoriser l’inclusion financière des femmes entrepreneures gabonaises en 2026 ? »

Les échanges ont réuni plusieurs responsables d’institutions économiques et financières, parmi lesquelles Danielle Biwaou, Directrice générale de la Chambre de Commerce du Gabon, Rachel Ebaneth, Directrice générale de la Chambre Nationale des Métiers et de l’Artisanat du Gabon, Gaëlle Illama, Présidente de l’AWEP Gabon, Katia Assaly, Directrice commerciale de la BCEG, Prisca Ngoyo Moussavou, Directrice générale adjointe d’Okoumé Capital, ainsi que Prisca Mboumba Ikapi, Responsable Exploitation à la Société de Garantie du Gabon.

Les discussions ont également donné la parole aux entrepreneuses présentes, qui ont partagé avec franchise leurs expériences, leurs difficultés à obtenir un crédit et les obstacles rencontrés dans le développement de leurs activités. Des témoignages qui ont mis en lumière les réalités auxquelles sont encore confrontées de nombreuses femmes chefs d’entreprise au Gabon.

L’un des temps forts de cette journée a été l’organisation d’ateliers B2B, au cours desquels chaque participante a pu rencontrer directement les conseillers des établissements financiers partenaires afin de présenter son projet, examiner son dossier et identifier les solutions de financement les plus adaptées.

L’événement a bénéficié de l’appui de la Chambre de Commerce, d’Agriculture, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Gabon (CCAIMAG), de la Chambre Nationale des Métiers et de l’Artisanat ainsi que de l’AWEP Gabon, témoignant d’une volonté commune de renforcer l’écosystème de l’entrepreneuriat féminin.

La rencontre a débouché  sur des engagements concrets. Chaque institution financière partenaire s’est engagée à assurer un suivi structuré des dossiers présentés, avec l’objectif d’accorder au minimum deux financements par mois aux entrepreneuses identifiées lors de cette initiative. Les informations recueillies serviront également à élaborer une cartographie de l’entrepreneuriat féminin au Gabon, afin de mieux orienter les politiques publiques et les dispositifs d’accompagnement.

« Cette journée n’est pas une conférence de plus, c’est un espace de travail, d’échange et, nous l’espérons, de premiers pas concrets vers un financement », a rassuré M. Etho Alban, réaffirmant par la suite la volonté de la SGG de transformer les échanges en résultats tangibles.

En facilitant l’accès au crédit et en renforçant l’accompagnement des porteuses de projets, la SGG veut résolument contribuer à l’émergence d’un tissu économique plus inclusif, plus dynamique et davantage créateur de richesse et d’emplois pour le Gabon.

Antoine Relaxe

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