IAPRP : de nouveaux textes adoptés pour moderniser la gouvernance et relancer l’organisation

L’Interafricaine de la Prévention des Risques Professionnels a achevé, vendredi à Libreville, les travaux de son Assemblée générale extraordinaire marqués par l’adoption de plusieurs réformes liées à la gouvernance, au financement et au fonctionnement administratif de l’organisation africaine spécialisée dans la sécurité et la santé au travail. Durant deux jours, les délégations des organismes africains de sécurité sociale ont échangé autour des défis institutionnels de l’organisation.

Réunis à l’Hôtel La Sablière, les participants ont notamment validé les nouveaux statuts et le règlement intérieur de l’IAPRP. Cette réforme, attendue depuis plusieurs années, vise à moderniser le fonctionnement de l’institution et à renforcer son cadre juridique et organisationnel. Certaines dispositions devront toutefois être approfondies par une commission spécialisée.

Dans son discours de clôture, Dr Olivier Rebienot Pellegrin, président de l’IAPRP, a salué le consensus ayant marqué les échanges. « L’IAPRP a une fois de plus démontré sa capacité à se rassembler, à débattre avec franchise et à décider avec responsabilité », a-t-il déclaré.

Le responsable gabonais a particulièrement salué l’adoption des nouveaux textes qu’il considère comme « une réforme fondamentale longtemps attendue », destinée à doter l’organisation « d’un cadre normatif rénové, bien que perfectible, à la hauteur de ses ambitions ». Il a également insisté sur la nécessité pour les États membres de respecter les engagements pris concernant l’apurement des arriérés de cotisations afin de garantir un fonctionnement durable de l’institution.

Les participants ont aussi avancé sur la question du recrutement du futur secrétaire général de l’IAPRP. Selon les résolutions issues des travaux, le délai de dépôt des candidatures a été prolongé de deux semaines et une commission ad hoc a été mise en place pour examiner les dossiers avant la prochaine Assemblée générale ordinaire prévue en Guinée. Cinq candidats sont actuellement en lice pour occuper ce poste stratégique basé à Bamako, au Mali.

Le redéploiement effectif du Secrétariat général au siège de Bamako a également constitué l’un des principaux dossiers examinés durant cette rencontre continentale. Le président de l’IAPRP a salué l’accompagnement des autorités maliennes ainsi que celui de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) du Mali qui a déjà mis des locaux et des équipements à disposition de l’organisation. Toutefois, les participants ont rappelé que la finalisation du processus reste conditionnée à la conclusion de l’accord de siège entre l’IAPRP et la République du Mali.

Au-delà des réformes institutionnelles, l’Assemblée générale extraordinaire a également formulé plusieurs recommandations destinées à renforcer la gouvernance et la transparence financière de l’organisation. Les participants ont notamment insisté sur la nécessité d’opérer une distinction rigoureuse entre les cotisations courantes et les arriérés antérieurs, d’améliorer la traçabilité des transferts financiers via le système SWIFT et, si nécessaire, d’envisager des missions de vérification auprès des organismes membres présentant des arriérés significatifs.

Pour le secrétaire général intérimaire de l’IAPRP, par ailleurs représentant de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) de Côte d’Ivoire, Boni Ettien Francis, cette Assemblée générale extraordinaire marque un tournant majeur pour l’organisation. « Nous avons atteint notre objectif qui était de faire adopter les nouveaux statuts et règlements et d’entamer le processus de redéploiement du Secrétariat général à son siège », a-t-il indiqué, évoquant « une nouvelle phase de gouvernance » pour l’institution africaine.

Les prochaines échéances institutionnelles ont également été annoncées au cours de la clôture. L’Assemblée générale ordinaire de l’IAPRP se tiendra les 24 et 25 juin prochains à Kankan, en République de Guinée, où la présidence de l’organisation devrait être transmise à la CNSS guinéenne.

Les participants ont par ailleurs appelé à une forte mobilisation des États membres autour des prochaines activités continentales, notamment le 24e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail prévu à Dakar en avril 2027.

Tryphene Lembah

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Vous aimez l'article? Merci de le partager.