Un mouvement de grève a été déclenché mardi par les agents de la Direction Générale des Études et Laboratoires (DGEL), une direction clef du ministère du Pétrole et du Gaz, pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer la satisfaction de plusieurs revendications jugées prioritaires.
À l’origine du mouvement, « des mauvais traitements », des « conditions devenues insupportables » et « de nombreuses injustices » imputées à la hiérarchie, notamment le directeur général, selon les grévistes, qui disent avoir respecté la procédure légale en déposant un préavis assorti d’un cahier de charges. Un service minimum est toutefois assuré, conformément à la réglementation en vigueur.
Les agents affirment se sentir marginalisés et dénoncent « un mépris manifeste » de leur direction générale. Ils estiment que leur situation s’est dégradée depuis la réorganisation institutionnelle de 2021, censée pourtant améliorer leur cadre de travail.
« Nous avons émis des alertes, envoyé des courriers, mais rien n’a changé », a déclaré à Gabonactu.com un représentant des agents, évoquant des revendications restées sans réponse malgré les engagements successifs des autorités.
Les grévistes disent placer leurs espoirs dans l’actuel ministre de tutelle, tout en pointant des « résistances internes » susceptibles de freiner les réformes attendues.
Parmi leurs principales revendications figurent le reclassement au groupe 1 de la prime de performance budgétaire (PPB), qu’ils présentent comme une mesure d’« équité sociale », la régularisation administrative d’agents employés depuis plus de dix ans sans intégration à la fonction publique, ainsi que l’amélioration des conditions de travail, notamment à travers la modernisation des équipements des laboratoires.

Bien que ces trois points soient mis en avant, le cahier de charges comporte au total seize revendications, traduisant un malaise plus large au sein de la structure.
Les agents dénoncent par ailleurs des mesures de rétorsion, évoquant des intimidations, des suspensions et des entraves à l’expression syndicale. Ils accusent leur hiérarchie d’avoir procédé à des actions coercitives, notamment le retrait de banderoles en présence d’un huissier de justice, sans décision judiciaire préalable.
Dans ce contexte, la tension reste vive. Les grévistes menacent de durcir leur mouvement et de suspendre toute négociation si leurs revendications ne sont pas prises en compte et si les sanctions engagées contre les agents ne sont pas levées.
« Si aucune suite n’est donnée à nos revendications, nous continuerons la grève et cela pourrait s’envenimer », a averti un porte-parole des agents grévistes tous s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, preuve de la terreur dont ils sont victimes.
Mardi, comme des esclaves ayant brisé leurs chaînes, les grévistes vêtus de leurs blouses de laboratoire se sont rassemblés dans la cours, accrochés plusieurs banderoles et ont produit du bruit pour attirer l’attention de la hiérarchie et des passants. Aucune casse n’a été enregistrée.
La Direction générale acculée n’a pas encore communiqué publiquement, tout comme le cabinet du ministre.
Lors de la dernière réunion du conseil des ministres, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema a recommandé à tous ses ministres d’instaurer le dialogue social dans leurs départements respectifs pour limiter le spectre de la grève qui a secoué l’administration publique entre la fin de l’année 2025 et le début de l’année en cours.
Carl Nsitou et Dodo Frida
