Nécrologie : Décès de René Morvan, premier pilote gabonais aux commandes d’un Boeing 747

L’aviation civile gabonaise est en deuil. René Morvan, premier pilote gabonais à avoir pris les commandes d’un Boeing 747, est décédé dimanche à Libreville à l’âge de 80 ans, a appris Gabonactu.com de source familiale.

« Il s’est éteint à l’âge de 80 ans à son domicile », a confié Jacques Assoumou, pilote de ligne gabonais, qui dit avoir eu « l’honneur et le privilège de travailler à ses côtés ».

Figure emblématique de l’âge d’or de l’aviation civile au Gabon dans les années 1980 et 1990, René Morvan s’était imposé comme l’un des visages les plus célèbres d’Air Gabon, l’ancien pavillon national resté longtemps une grande fierté gabonaise avant sa faillite la fin des années 90. Pilote chevronné, formé à l’étranger notamment en France selon plusieurs témoignages concordants, il avait gravi tous les échelons jusqu’à devenir commandant de bord sur le mythique Boeing 747, un appareil qui symbolisait à l’époque l’ambition et le prestige du Gabon.

Reconnu pour sa rigueur, son calme légendaire dans le cockpit et son sens aigu des responsabilités, Morvan faisait partie de cette génération de pionniers qui ont contribué à bâtir et à crédibiliser le transport aérien gabonais sur la scène internationale. Ses anciens collègues évoquent un homme discret, exigeant, mais profondément attaché à la transmission de son savoir aux jeunes pilotes.

Au centre René Morvan, DG d’Air Gabon entouré des pilotes de la compagnie © DR

« J’ai fait mon 1er vol en tant que copilote sur B 747 Air Gabon avec lui en 1996 de Paris à Libreville en passant par Marseille », a témoigné Jacques Assoumou contacté par Gabonactu.com.

« C’était quelqu’un de très rigoureux, parfois incompris par une partie du personnel puisqu’il avait la double casquette de Directeur Général », a-t-il avoué avant d’ajouter « quand on entrait dans son intimité, on découvrait un personnage jovial, aimant les bonnes choses ».

Après une brillante carrière dans les airs, il avait été appelé à d’autres responsabilités, notamment à la tête d’Air Gabon où il a occupé les fonctions de Directeur général à une période charnière pour la compagnie. Mais la disparition progressive du transporteur national, confronté à de graves difficultés économiques, avait marqué un tournant dans son parcours.

René Morvan et Jacques Assoumou il y a quelques jours © JA

Loin de se retirer totalement de la vie publique, René Morvan s’était ensuite engagé en politique. Membre du Parti démocratique gabonais (PDG), il avait été élu sénateur en 2014, représentant sa province natale de la Ngounié. Au Sénat, il siégeait au sein du bureau du groupe parlementaire PDG, où il était apprécié pour sa pondération et son sens du consensus.

Avec sa disparition, le Gabon perd l’un de ses pionniers de l’aviation moderne, un homme qui aura marqué de son empreinte l’histoire du transport aérien national.

Il laisse derrière lui une famille éplorée, plusieurs enfants ainsi que de nombreux proches et anciens collègues inconsolables.

Carl Nsitou

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