L’Archevêque de Libreville n’a pas eu froids aux yeux devant le ministre de l’Intérieur

L’archevêque de Libreville Jean Patrick Ibaba © Ministère Intérieur

L’Archevêque de Libreville, Monseigneur Jean Patrick Ibaba, n’a pas eu froids aux yeux mardi lors de la rencontre au cabinet du ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha au sujet des mesures barrières imposées dans les lieux de culte.


Selon un communiqué officiel publié au terme de cette rencontre, Mgr Ibaba a clairement dit au ministre Matha que les fidèles catholiques boudent les mesures jugées trop sévères dictées par le gouvernement dans les églises.

« L’archevêque est venu traduire au ministre du culte le ressenti des fidèles face à la dureté de ces mesures vis-à-vis de l’église », peut-on notamment lire dans le communiqué.

Lambert Noël Matha, qui n’a pas capitulé face à son interlocuteur visiblement déterminé à porter le message de ses fidèles, a réaffirmé que toutes les mesures visent à protéger les fidèles et la population en général contre la pandémie du Coronavirus.

Le ministre a tout de même prévu recevoir les leaders des autres confessions religieuses cette semaine.

Vendredi passé, le gouvernement a annoncé l’allègement des mesures qui empêchaient la réouverture des lieux de culte fermés depuis mars pour bloquer la propagation du Covid-19 dans le pays.

Selon la décision du gouvernement, les églises sont autorisées à rouvrir uniquement le dimanche. Les mosquées uniquement le vendredi. Chaque lieu de culte doit recevoir au maximum 30 personnes. Chaque fidèle doit au préalable présenter un test Covid négatif et se faire enregistrer sur une liste à transmettre au ministère de l’Intérieur. La communion est interdite, l’offrande également. La dîme sera payée par monnaie électronique ou sous enveloppe fermée….

Les chrétiens majoritaires au Gabon estiment que cette batterie de mesures est une ingérence grave de l’Etat de le principe sacré de la célébration liturgique.

Quasiment tous les leaders de la religion chrétienne boudent ces mesures et affirment qu’ils n’attendront plus le 30 octobre pour ouvrir leurs églises. Ils maintiennent la date du 25 octobre pour la reprise effective de leurs activités alors que le gouvernement a annoncé que les lieux de culte sont autorisés à ouvrir à partir du 30 octobre.

Un bras de fer s’est quasiment imposé entre l’Etat et les communautés religieuses.

Camille Boussoughou


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