Le Conseil départemental d’Etimboué a tenu jeudi dernier sa première session de l’année sous la présidence de Hans Augoula Avoungou. Au terme de trois heures de travaux, les conseillers ont adopté plusieurs délibérations majeures, dont le Plan de développement local (PDL) 2026-2030, doté d’une enveloppe de 50 milliards de FCFA.
Élaboré sous la supervision du sénateur Georges Mpaga et coordonné par le président du Conseil départemental, ce document stratégique est le fruit d’un processus participatif ayant associé élus, communautés locales, société civile et experts.
Le diagnostic posé met en évidence un territoire aux multiples potentialités, mais confronté à des carences importantes en infrastructures de base. Une grande partie de la population vit encore sans accès à l’eau potable ni à l’électricité, avec des équipements sociaux insuffisants et des difficultés d’accès liées à l’enclavement.
Face à ce constat, le PDL fixe une ambition claire : transformer durablement le département à l’horizon 2030, en garantissant un accès élargi aux services essentiels, en renforçant le capital humain et en stimulant les activités économiques locales. L’accent est mis sur des actions concrètes, notamment l’électrification des villages, la construction d’infrastructures scolaires et sanitaires, le développement des filières productives et l’amélioration des voies de communication, en particulier l’axe Omboué-Gamba.
Le financement de ce programme reposera sur une approche diversifiée, combinant ressources publiques, partenariats avec les bailleurs de fonds et contributions des entreprises opérant dans le département. La PIH, la PID, la RSE, les fonds communautaires y compris les transferts infranationaux ont été identifiés comme autres sources de financement du PDL.

Les autorités locales entendent désormais intégrer des obligations de participation au PDL dans les conventions conclues avec ces opérateurs.
Pour soutenir cette dynamique, un calendrier de plaidoyer a été arrêté. Des démarches sont prévues auprès des plus hautes autorités de l’État ainsi que des partenaires techniques et financiers, avec l’ambition de mobiliser rapidement des ressources, notamment dès la première année de mise en œuvre.
Dans l’immédiat, l’installation du comité de pilotage du PDL est attendue dans les prochaines semaines. Les premières actions devraient cibler en priorité les localités les plus vulnérables, en particulier les villages dépourvus d’eau et d’électricité.
À travers ce plan, les responsables d’Etimboué affichent leur volonté de traduire en actes une vision de développement inclusive et durable, malgré des moyens budgétaires encore limités.
La vision 2030 ambitionne faire d’Etimboué un modèle de développement inclusif avec l’accès à l’eau et à l’électricité pour 95 pour cent de la population, un taux de scolarisation secondaire supérieur à 75 pour cent, des emplois pour les jeunes, le désenclavement physique et numérique, et la valorisation locale des ressources.
Quatre axes guideront l’action : services de base avec forages d’eau en milieu solaires et kits électriques, capital humain avec écoles et centre de formation professionnelle, filières économiques autour de la pêche, de l’agriculture et du bois, infrastructures avec la réhabilitation prioritaire de l’axe Omboué-Gamba et la 4G dans les bourgs. Le budget de 50 milliards FCFA sur cinq ans privilégie les services de base. Les projets industriels lourds sont reportés ou testés en pilote.

Au cours de la session qui a réuni 19 conseillers dont 15 en présentiel, les conseillers du département d’Etimboué ont également adopté le budget prévisionnel 2026, arrêté à 275 millions de FCFA. Un montant qui a toutefois suscité une vive réaction des conseillers, unanimement convaincus qu’il ne reflète pas le potentiel économique du département, considéré comme un important pôle de richesse grâce à ses ressources naturelles. Le Conseil entend ainsi saisir le ministère du Budget afin d’obtenir une révision de cette dotation, avec en ligne de mire une meilleure prise en compte de la contribution fiscale locale.
Dans le même registre, les élus ont décidé d’engager des actions pour le recouvrement d’environ 400 millions de FCFA de créances dues par certains opérateurs économiques. L’objectif est de renforcer les ressources propres du département et d’assainir la situation financière, à travers des procédures encadrées par des professionnels du droit et un suivi régulier.
Souhaitant améliorer son fonctionnement interne, le Conseil a également ordonné la réalisation d’un diagnostic complet de l’institution. Cet état des lieux devra permettre d’identifier les forces et les faiblesses en matière d’organisation, de ressources humaines et d’équipements, afin de mieux orienter les choix futurs.
Marie Dorothée
