Affaire Bilie-By-Nze : Ondo Ossa et Fabienne Efoutame en soutien actif

La mise aux arrêts de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et judiciaire gabonaise. Dans deux prises de position distinctes, Albert Ondo Ossa et Maître Marlène Fabienne Essola Efoutame dénoncent une procédure entachée d’irrégularités et appellent à sa libération immédiate.

Depuis Paris, où il s’est exprimé ce 19 avril 2026, Albert Ondo Ossa n’a pas mâché ses mots. Se disant « consterné » par les conditions de l’arrestation de l’ancien chef du gouvernement, il dénonce des « motifs fallacieux » et fustige une atteinte grave aux principes démocratiques.

« Le Gabon aspire à une véritable démocratie où prévaut la séparation des pouvoirs, avec un pouvoir judiciaire libre qui rende une justice juste et équitable », a-t-il martelé, avant de condamner « fermement une telle dérive » et d’inviter les autorités à « se ressaisir » en procédant à « sa libération immédiate », qu’il considère comme « un signe d’apaisement dans un climat politique particulièrement tendu ».

Dans un plaidoyer au ton plus juridique mais tout aussi incisif, Maître Marlène Fabienne Essola Efoutame évoque pour sa part une « négation de l’histoire de notre fonctionnement politique » et un « outrage à la science du droit ». Revenant sur les faits, elle soutient que l’affaire repose sur une requalification abusive d’un engagement militant ancien, affirmant que « l’échec d’une ambition politique ne peut se transformer, dix-huit ans plus tard, en une créance pénale ».

Plus tranchante encore, elle dénonce « un dossier juridiquement vide » et « une inversion monstrueuse de la procédure : on emprisonne d’abord, on cherche ensuite ». Pour l’avocate, « nul ne peut être détenu pour une dette civile » et « la prescription est acquise », concluant par un appel solennel aux autorités : « Libérez Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze, il n’a rien à faire en prison ! »

Qualification des faits:

Entrant dans le détail du dossier, le procureur a révélé que « les faits dénoncés portent sur le non remboursement allégué d’une somme de cinq millions de francs CFA remise en 2008 ». Malgré « les démarches entreprises par la plaignante au fil des années », la somme n’aurait jamais été restituée.

Toutefois, le magistrat a rappelé avec fermeté les principes fondamentaux du droit, notamment « la présomption d’innocence » dont bénéficie Alain-Claude Bilie-By-Nze ainsi que « le respect du secret de l’enquête ».

Il a également souligné que l’issue de la procédure pourrait aller « d’un classement sans suite à l’engagement de poursuites devant les juridictions compétentes ».

Nkili Akieme

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