BAD : Denis Sassou Nguesso ouvre les Assemblées annuelles 2026 à Brazzaville sous le signe du financement du développement

Le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a officiellement ouvert mardi à Brazzaville les travaux des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Cette édition est placée sous le thème stratégique de la mobilisation des ressources à grande échelle pour financer le développement du continent dans un contexte mondial marqué par les fractures géopolitiques et économiques.

La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs dirigeants africains, dont le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra et son homologue gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema. L’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou ainsi que le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, ont également pris part à cette rencontre de haut niveau.

Déficit de financement colossal en Afrique

Selon les données présentées par la BAD, les besoins financiers du continent restent considérables. Il faudrait plus de 1 300 milliards de dollars par an pour permettre au monde d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), dont une part significative concerne l’Afrique.

Plus spécifiquement, les besoins en infrastructures sont estimés entre 184 et 221 milliards de dollars par an ; le financement de la transition climatique nécessite environ 213,4 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 ; la transformation structurelle des économies africaines exigerait près de 402,2 milliards de dollars par an.

Ces chiffres traduisent l’ampleur du défi, dans un contexte où l’accès aux financements internationaux se durcit, notamment avec la hausse des taux d’intérêt mondiaux et la réduction de l’aide publique au développement.

Dans son rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique, publié à Brazzaville, la BAD estime toutefois que le continent dispose d’un potentiel de mobilisation de ressources internes évalué à 1 430 milliards de dollars.

Cette capacité repose sur plusieurs leviers à savoir, l’amélioration de la mobilisation fiscale ; la lutte contre les flux financiers illicites ; le développement des marchés financiers locaux  et une meilleure valorisation des ressources naturelles.

Pour la BAD, l’enjeu n’est donc pas uniquement quantitatif, mais aussi qualitatif : il s’agit d’orienter efficacement ces ressources vers des secteurs à fort impact, tels que l’énergie, les infrastructures, l’agriculture et l’industrialisation.

Un appel à une meilleure gouvernance des ressources

Dans son allocution, Denis Sassou Nguesso a insisté sur la nécessité d’une utilisation plus efficiente des ressources mobilisées.

« L’enjeu n’est pas seulement de mobiliser davantage de financements, mais surtout de mieux les orienter et de garantir leur efficacité dans la réalisation des objectifs de développement », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État congolais a également plaidé pour un renforcement de l’intégration régionale et des partenariats public-privé, considérés comme des catalyseurs essentiels pour accélérer la transformation économique du continent.

Ces Assemblées annuelles devraient déboucher sur plusieurs annonces majeures, notamment : des engagements accrus en faveur des fonds climatiques africains ; des initiatives pour faciliter l’accès des pays africains aux marchés de capitaux internationaux et le renforcement des instruments de garantie et de financement mixte (blended finance) afin d’attirer les investisseurs privés.

La cérémonie d’ouverture s’est achevée par la décoration de plusieurs personnalités, dont le président du Groupe de la BAD, en reconnaissance de leur contribution au développement du continent.

Yves Laurent Goma, envoyé spécial à Brazzaville

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