La ville de Lébamba, chef-lieu du département de la Louétsi Wano, près de Mouila, capitale provinciale de la Ngounié (sud) est secouée depuis plusieurs jours par une affaire choquante mêlant alimentation et pratiques jugées mystiques. Une commerçante, dont l’identité n’a pas été révélée, a été interpelée par les éléments de la Brigade locale de la gendarmerie et écrouée après la découverte présumée d’excréments à l’intérieur de bâtons de manioc destinés à la vente.
Selon les premières informations relayées par des sources proches de la radio communautaire, Malébé FM, l’incident se serait produit au marché municipal, au cœur de la ville. Une cliente, après avoir acheté du manioc comme à son habitude, aurait fait une découverte troublante en ouvrant l’un des bâtons une fois rentrée chez elle.

À l’intérieur, elle aurait trouvé une substance assimilée à des matières fécales. Alertées, les autorités locales ont rapidement ouvert une enquête. Les investigations menées par les forces de sécurité ont conduit à l’interpellation de la vendeuse suspectée, qui a d’ailleurs reconnu les faits. Présentée devant le parquet de Mouila, elle a ensuite été placée sous mandat de dépôt.
La justice la poursuit notamment pour des faits présumés liés à des pratiques de sorcellerie et de charlatanisme, des infractions prévues et réprimées par la législation gabonaise. Si les accusations sont confirmées, elle risque une lourde peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison accompagnée d’une forte amende.
En attendant le procès prévu ce jeudi 28 mai, cette affaire suscite colère, incompréhension et inquiétude. Beaucoup d’habitants de Lébamba peinent à comprendre comment un produit alimentaire aussi consommé que le manioc a pu être utilisé dans de telles circonstances. Certains y voient le reflet de croyances persistantes, tandis que d’autres dénoncent surtout un grave danger sanitaire.
Au-delà du caractère insolite et choquant de cette affaire, plusieurs voix appellent désormais à un renforcement des contrôles sur les produits alimentaires vendus dans les marchés locaux. Des campagnes de sensibilisation pourraient également être nécessaires afin de prévenir ce type de dérives qui fragilisent la confiance entre vendeurs et consommateurs.
Elliott Ana Merveille et Roberte Adé
