Aviculture : l’association Murim propose une refonte du modèle gabonais

L’association « Murim », dirigée par Edith Massounga de Langlade, a exprimé son soutien au projet avicole porté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, lors d’une conférence de presse. L’organisation estime que la réussite du pilier « Gabon Vert » du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030 repose sur trois leviers : la souveraineté sanitaire, le financement public et la formation d’acteurs locaux capables de structurer la filière.

Face à l’objectif national de production de 60 000 tonnes de poulets, l’association alerte sur la dépendance aux importations et les risques sanitaires. Elle propose la création de trois laboratoires spécialisés : vétérinaire, bromatologique et phytosanitaire. Ces structures permettraient d’assurer un diagnostic rapide des maladies animales, de contrôler la qualité des aliments pour bétail et de limiter les risques sanitaires pour les consommateurs. « On ne construit pas un pays sans maîtriser le contenu de son assiette », a déclaré Edith Massounga de Langlade.

Pour renforcer la filière et en faire un levier économique, « Murim » recommande la mise en place de provenderies dans les provinces afin de valoriser les matières premières locales telles que le maïs, le soja ou le manioc.

L’association plaide aussi pour une ouverture accrue aux jeunes et aux techniciens. « Il ne faut pas fermer, il faut ouvrir », a affirmé la présidente, appelant l’État à faciliter l’accès au financement en se portant caution auprès des banques pour les nouveaux entrepreneurs.

L’organisation propose également le lancement de campagnes agricoles nationales, avec pour objectifs de mobiliser les populations, de distribuer des intrants et de remettre en service les équipements agricoles inutilisés. Selon « Murim », ces actions peuvent contribuer à réduire les coûts de production et à lutter contre la pauvreté, tout en renforçant la souveraineté alimentaire.

S’inspirant des modèles rwandais et nigérian, l’association exhorte le gouvernement à porter progressivement le budget de l’agriculture à 10 % du budget national (soit environ 400 milliards de FCFA), contre 22 milliards actuellement. À court terme, une allocation de 5 % assortie de garde-fous rigoureux permettrait de lancer la dynamique.

En se positionnant comme un partenaire stratégique regroupant ingénieurs et techniciens, « Murim » se dit prête à contractualiser avec le ministère de l’agriculture. « L’agriculture, ce n’est pas dans les bureaux, c’est sur le terrain », a conclu Edith Massounga de Langlade, qui a annoncé la soumission prochaine d’une feuille de route détaillée aux autorités.

Betines Makosso

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