La compagnie pétrolière nationale Assala Gabon a annoncé, lundi, la mise en production du champ « Grand N’Gongui » (GNG), avec un débit initial estimé à 10 000 barils par jour. Une avancée stratégique pour un pays encore largement dépendant de ses hydrocarbures.
L’inauguration officielle du site a été supervisée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema en présence de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des autorités locales et des partenaires du groupe. Ce lancement marque l’aboutissement d’un long processus d’exploration et d’évaluation, entamé par différents opérateurs au fil des décennies, avant d’être repris et accéléré par Assala Gabon.
Le projet a connu une accélération décisive à partir de 2022, avec le forage du puits NG-3, qui a permis de confirmer le potentiel du gisement. Trois ans plus tard, la phase d’appréciation est bouclée et laisse place à un développement structuré, reposant sur un programme de 60 puits récemment validé par les autorités gabonaises.
Selon les données communiquées par l’opérateur, le champ recèle une colonne d’huile comprise entre 10 et 15 mètres au sein de la formation géologique de Gamba, pour un volume initial en place pouvant atteindre 350 millions de barils. Si ces estimations se confirment, Grand N’Gongui pourrait s’imposer comme un actif majeur du portefeuille pétrolier national. La production devrait monter progressivement en puissance afin de limiter les incertitudes liées au sous-sol et d’optimiser la récupération des ressources.
Au-delà des chiffres, c’est aussi la rapidité d’exécution du projet qui retient l’attention. Mené en seulement douze mois, de la phase d’ingénierie à la mise en service, le développement du champ a nécessité une coordination étroite entre les équipes techniques et logistiques, dans un environnement jugé particulièrement contraignant. Assala Gabon souligne notamment les défis liés à la chaîne d’approvisionnement internationale, ainsi que la complexité des opérations en zone lagunaire, qui ont exigé des solutions technologiques adaptées, notamment pour la pose de pipelines.

La réussite du projet repose en grande partie sur la mobilisation conjointe des équipes basées au Gabon et à Londres, qui ont travaillé de manière intégrée pour respecter les délais et les standards de sécurité.
« Grand N’Gongui représente une étape majeure pour Assala : il renforce notre rôle d’opérateur, consolide notre expertise et ouvre de nouvelles perspectives de croissance », a déclaré le directeur général, Edgar Mba Ognane, saluant une réussite « collective ».
« Je tiens à vous féliciter et à vous remericier« , a déclaré le président Oligui Nguema s’adressant au personnel et au staff dirigeant d’Assala Gabon pour son génie dans la mise en oeuvre ce projet.
Dans un pays où le pétrole demeure le principal moteur de l’économie, ce nouveau champ pourrait contribuer à stabiliser, voire à relancer, la production nationale, en déclin ces dernières années. Il s’inscrit également dans la volonté des autorités de maximiser la valorisation des ressources existantes, tout en attirant de nouveaux investissements dans l’amont pétrolier.
Reste à savoir si cette dynamique pourra s’inscrire dans la durée, à l’heure où le Gabon, à l’instar d’autres producteurs africains, est confronté à la double exigence de rentabilisation de ses ressources fossiles et de transition énergétique.
Assala Gabon, détenue à 100% par Gabon Oil Company (service public), est une entreprise d’exploration et de production de pétrole et de gaz. Un des principaux producteurs de pétrole du Gabon, Assala revitalise sa production et poursuit des activités d’exploration ciblées afin d’assurer le développement durable de ses champs.
La compagnie affirme contribuer au renforcement de la production nationale et à la valorisation durable des ressources du Gabon, dans le respect du cadre règlementaire et des standards internationaux.
Carl Nsitou
