L’ambassade du Japon, dans le cadre de la coopération avec le Gabon a organisé, le 27 février, sa traditionnelle visite guidée au Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (CAPAL). Chaque début d’année, à l’intention des professionnels des médias, la tournée permet de présenter les projets et investissements japonais dans le pays. Inauguré en 2011 par l’ancien président Ali Bongo Ondimba, le CAPAL symbolise cet engagement, et Tokyo le réaffirme dans les secteurs clés que sont la santé, l’éducation, le sport et la conservation de l’environnement, tout en mettant en lumière plus de cinquante ans de coopération bilatérale.
Fruit d’un don du peuple japonais, le CAPAL constitue aujourd’hui un maillon essentiel de l’approvisionnement de Libreville en poisson frais. « Le centre de pêche est un don du peuple japonais au peuple gabonais pour permettre aux Gabonais de manger du poisson frais, moins cher et de bonne qualité, et pour attirer tous les débarquements du Grand Libreville », a expliqué Olga Bouanga Minko, responsable du site. Véritable pôle de débarquement et marché régulé par une mercuriale, le CAPAL garantit des prix encadrés et une meilleure traçabilité des produits halieutiques.

Toutefois, des difficultés subsistent, notamment en raison de débarquements effectués sur des sites non autorisés, malgré les efforts constants de la Direction générale de la pêche et de l’aquaculture pour recentrer les activités sur cette infrastructure stratégique.
Au-delà du simple commerce du poisson, le CAPAL est également un espace de transfert de compétences. Grâce à l’appui de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et au programme des Volontaires japonais pour la coopération à l’étranger (JOCV), une soixantaine de volontaires sont intervenus dans les domaines de la pêche et de l’agriculture. Sur place, Ito Massachi forme Parker Pendy à la préparation du Satsumaage, spécialité culinaire japonaise à base de poisson.

« Satsumaage est un gâteau faite à base de poisson, farine, œufs, oignons et des carottes. C’est un partage de transferts culinaires. On le vend, trois à mille francs», souligne le volontaire nippon, tandis que son apprenant ambitionne déjà d’élargir la commercialisation au-delà du CAPAL. Un exemple concret de coopération technique qui dépasse le cadre institutionnel pour toucher les communautés locales.
Évalué à près de six milliards de francs CFA, le projet du CAPAL pourrait désormais ouvrir la voie à une nouvelle phase de partenariat économique. L’ambassadeur du Japon au Gabon, Ando Yoshio, a indiqué que son pays procède actuellement à la révision de sa politique de coopération vis-à-vis du Gabon.
« En plus de notre soutien à l’aide publique au développement, l’un de mes rôles essentiels est de faciliter les investissements directs du secteur privé japonais », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de créer un environnement favorable aux investissements. Une dynamique qui, si elle se concrétise, pourrait renforcer davantage l’axe Libreville–Tokyo au bénéfice des populations.
Pour rappel, l’Ambassade du Japon au Gabon avait organisé le 21 février 2025 une visite guidée à Libreville pour présenter ses projets de santé dans la capitale. Trois sites ont été visités : le Centre de santé de Nzeng Ayong, le site de Nkembo (Direction du Programme Élargi de Vaccination – PEV) et le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL).
En plus des 30 000 carnets de santé mère-enfant distribués gratuitement, accompagnés d’une chambre froide et un scanner, selon Aoki Toshimichi, représentant résident de la JICA : « Il comprend également une dotation en équipements et en matériels médicaux japonais destinés notamment au diagnostic du paludisme, pour un montant estimé à environ 1,3 milliard de francs CFA ».
Nkili Akieme
