Le gouvernement gabonais a acté la suppression de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG) et son remplacement par la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG), à travers trois (3) textes, dont deux (2) décrets et une (1) ordonnance, adoptés à l’issue du Conseil des ministres dirigé jeudi dernier par le président de la République, chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguéma. Le communiqué final du Conseil des ministres énonce que les réformes préconisées marquent « une refonte complète de l’outil public chargé de porter la diversification agricole et la souveraineté alimentaire du pays ». L’ancien Premier ministre, Raymond Ndong Sima, a été nommé Président du Conseil d’administration d’AGROPAG.

L’un des deux décrets porte sur la suppression de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (SAEG). Pris sur le fondement des articles 94 et 99 de la Constitution, ce texte met fin à l’existence de la SAEG, créée par l’ordonnance n°0013/PT/MAEP du 31 août 2024 et ratifiée par la loi n°032/2024 du 30 janvier 2025.
A cette occurrence, « Toutes les compétences, activités et actifs de la SAEG sont transférés de plein droit à la nouvelle entité AGROPAG, assurant ainsi une continuité opérationnelle sans rupture », précise le communiqué final du Conseil des ministres.
Le projet d’ordonnance, lui, porte sur la création, les attributions et l’organisation de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG).
Société à participation publique majoritaire, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière, AGROPAG se voit confier une mission large : mise en valeur des terres, développement de pôles de production intégrés, appui technique et financier aux producteurs, transformation et commercialisation des produits agricoles et pastoraux, contribution à la sécurité alimentaire nationale et réduction des importations alimentaires.
« Sa création s’inscrit pleinement dans la stratégie de diversification économique et de souveraineté alimentaire, avec pour objectifs prioritaires l’augmentation de la production nationale et la création d’emplois en milieu rural », a-t-on appris.
Enfin l’’autre décret porte approbation des statuts de la Société agropastorale du Gabon (AGROPAG). Ce document détaille la forme juridique de la société, le montant et la répartition du capital social, l’objet social précis, la composition et les attributions du conseil d’administration, les pouvoirs de la direction générale ainsi que les mécanismes de contrôle et de supervision exercés par l’État actionnaire.
« L’approbation des statuts constitue l’étape finale permettant à AGROPAG de devenir pleinement opérationnelle, dans le respect des exigences de bonne gouvernance, de transparence et de performance économique », souligne-t-on.

Avec ces trois textes, le Gabon officialise la naissance d’un nouvel acteur public central dans le secteur agricole. Ils traduisent la volonté des autorités de disposer d’un levier unique, moderne et performant pour structurer durablement les filières agricoles et pastorales.
AGROPAG est appelée à devenir le bras armé de la politique de relance des filières et de réduction de la dépendance aux importations alimentaires. Sa mise en place effective sera un test majeur pour la capacité du pays à traduire ses ambitions de souveraineté alimentaire en résultats concrets sur le terrain.
Féeodora Madiba et Darène Mabelle Ayingone
