Représentant le Président de la République gabonaise, le Ministre de la Justice, Augustin Emane, a, durant la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève en Suisse, défendu la nouvelle séquence politique du Gabon, avant d’affirmer le repositionnement diplomatique du pays sur la scène internationale.
« Le Gabon n’est pas seulement un État en reconstruction mais une nation qui bâtit activement les piliers d’une démocratie ancrée sur des fondements solides », a fait comprendre M. Emane à la tribune de l’ONU à Genève.
Deux ans après le 30 août 2023, date qui a marqué le basculement institutionnel du pays, Libreville affirme à travers son l’émissaire du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, que le pays a « définitivement tourné la page de la transition » et qu’il est entré dans une nouvelle ère appelée « la 5e République ».
Un message adressé autant aux partenaires bilatéraux qu’aux institutions multilatérales, dans un contexte où la crédibilité démocratique du Gabon était scrutée. Lors de ladite session à Genève, le discours gabonais s’est voulu rassurant.
« Le retour à l’ordre constitutionnel s’est matérialisé par des élections libres et apaisées, saluées par de multiples missions d’observations nationales et internationales », a-t-il soutenu.
Au-delà du cadre politique, le Gabon cherche à consolider la confiance des bailleurs, investisseurs et partenaires stratégiques, alors que la stabilité institutionnelle demeure un critère central dans les relations internationales. Le pays a réaffirmé son engagement envers les mécanismes onusiens, annonçant sa participation aux dialogues avec les comités contre la torture, les disparitions forcées et les droits économiques, sociaux et culturels.
Le Membre du gouvernement a bien martelé que « le Gabon s’engage à renforcer sa coopération avec les mécanismes et les organes onusiens des droits de l’homme ».
Dans un contexte mondial marqué par une crise du multilatéralisme, Libreville a également exprimé son soutien à l’initiative UN80 visant à rationaliser le système des Nations unies, tout en mettant en garde cette réforme qui « ne doit pas se faire au détriment du fonctionnement des organes des droits de l’homme ».
Autre signal diplomatique : l’appel à un encadrement international de l’intelligence artificielle. « Dans un monde qui fait face aux menaces hybrides telles que la désinformation et la mésinformation, il est essentiel qu’un cadre réglementaire international encadre l’usage de l’intelligence artificielle », a-t-il lancé.
Une prise de position qui place le Gabon dans les débats globaux sur la gouvernance numérique et la protection des processus démocratiques. Il a envoyé un signal politique : stabilité retrouvée, engagement multilatéral réaffirmé et volonté de s’inscrire dans les standards internationaux des droits humains.
« Le respect des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies et la solidarité internationale demeurent des acquis à préserver », a-t-il conclu.
Antoine Relaxe et Tryphene Lembah
