Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, par Maurice Ntossui Allogo et l’Ambassadrice de l’Union européenne (UE) pour le Gabon, São Tomé-et-Príncipe et la CEEAC, Cécile Abadie, ont officiellement paraphé, lundi, la Feuille de route pour le partenariat pour la gestion durable des forêts et de la biodiversité gabonaise. La cérémonie y relative s’est tenue en présence des ambassadeurs des États membres de l’UE résidents au Gabon, notamment ceux de l’Allemagne, de l’Espagne, de la France et de l’Italie. Cette signature intervient dans la continuité du protocole d’accord conclu le 24 novembre 2024 à Bruxelles, lors de la visite officielle du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma.
À travers ce partenariat renforcé, les deux parties entendent: promouvoir une gestion durable des forêts ; maintenir le faible niveau de déforestation et de dégradation forestière ; renforcer la transformation locale du bois et la compétitivité du secteur ; développer de nouvelles chaînes de valeur (produits forestiers non ligneux, écotourisme, crédits carbone et biodiversité) ; créer des emplois décents au profit des communautés locales et atteindre l’objectif de 30 % d’aires protégées d’ici 2030.
« La gestion de nos ressources naturelles n’a de sens que si elle génère des retombées directes, tangibles et durables pour nos populations. Notre ambition est claire : transformer la richesse de nos forêts en un véritable levier de prospérité, en unissant indissociablement la santé de nos écosystèmes au bien-être de nos concitoyens », a déclaré le ministre Maurice Ntossui Allogo.
L’accord prévoit notamment la mobilisation de financements et d’instruments d’investissements verts au profit des secteurs public et privé. Elle met également l’accent sur la consolidation des filières bois d’œuvre, la diversification des activités liées aux produits forestiers non ligneux (PFNL) et le développement de nouveaux services environnementaux tels que les paiements pour services écosystémiques et les certificats biodiversité.
Pour l’Ambassadrice de l’Union européenne, le secteur forêt-bois concentre des enjeux économiques, sociaux et environnementaux majeurs. « Nos priorités d’actions permettront de maintenir son élan et de continuer à en faire une fierté nationale », a assuré Cécile Abadie qui a réaffirmé l’engagement de l’UE à accompagner le Gabon dans sa transition vers une économie verte.

Cette Feuille de route vient de fait opérationnaliser le Partenariat pour les Forêts, en structurant le dialogue politique et technique entre les deux parties jusqu’en 2030, autour d’objectifs mesurables en matière de gouvernance forestière, de climat et de biodiversité. Avec plus de 88 % de son territoire recouvert de forêts, le Gabon demeure l’un des pays les plus boisés au monde et affiche un faible taux de déforestation.
Le texte prend aussi en compte les enjeux réglementaires et commerciaux, notamment les exigences internationales telles que le Règlement européen contre la déforestation (RDUE) et la Convention CITES ; ainsi que la gestion et la valorisation économique des Parcs nationaux.
Les mesures d’atténuation et de gestion des conflits Homme-Faune figurent également parmi les priorités. À l’horizon 2030, cette Feuille de route ambitionne ainsi de faire du secteur forêt-bois un pilier stratégique du développement durable du Gabon.
Féeodora Madiba et Tryphène Lembah
