Village Ntyatanga : Les enfants apprennent le Galoa pour préserver la mémoire culturelle

Atelier d’apprentissage du Galoa aux enfants à Ntyatanga / Gabonactu.com

Des ateliers d’apprentissage de la langue du terroir, le Galoa (groupe Omyènè) ont été ouverts à Ntyatanga, près de Lambaréné, province du Moyen-Ogooué (centre). L’apprentissage du Galoa prend ici une dimension qui dépasse largement le cadre d’un simple atelier linguistique. Pour les initiateurs de cette activité destinée aux enfants. la langue constitue avant tout un moyen d’accéder à un patrimoine culturel plus vaste, que les jeunes générations sont appelées à connaître, à pratiquer et surtout à préserver, soutiennent-ils.

L’objectif de ces ateliers linguistiques est notamment de permettre aux plus jeunes de prendre la parole, de s’exprimer en Galoa et de progresser sans la pression habituellement associée à l’apprentissage scolaire. L’erreur n’est plus perçue comme un échec, mais comme une étape normale dans le processus d’apprentissage. Une approche qui vise à redonner aux enfants la confiance dans leur capacité à parler leur langue et à s’approprier leur héritage culturel.

Mais au-delà de cette rencontre, l’expérience soulève des questions essentielles : celle de la continuité. Un atelier ponctuel peut éveiller l’intérêt, mais la préservation d’une langue nécessite une pratique régulière : Comment faire du Galoa une langue davantage utilisée au sein des familles ? Comment inciter les parents et les grands-parents à échanger avec les enfants dans cette langue ? Comment conserver les mots, les expressions, les récits, les chants et les savoir-faire afin qu’ils puissent être transmis à ceux qui viendront après ?

Ces interrogations donnent à l’initiative une portée particulière. Elles rappellent que la survie d’une langue ne repose pas uniquement sur les générations qui la maîtrisent déjà. Elle dépend également de la capacité à la transmettre aux plus jeunes et à lui donner une place dans leur quotidien.

Tisser la chaîne de transmission

À Ntyatanga, les enfants ne sont donc pas considérés comme de simples participants à une activité culturelle. Ils apparaissent comme des acteurs à part entière de la transmission du patrimoine. En leur permettant d’apprendre le Galoa dans un cadre convivial, sans complexe et sans peur de se tromper, les organisateurs entendent faire émerger une nouvelle génération capable de porter cette langue au-delà du cercle familial et traditionnel.

L’initiative pourrait, à terme, servir de point de départ à d’autres actions consacrées à la valorisation du Galoa. Des ateliers réguliers, des rencontres entre générations, la production de supports pédagogiques ou encore la collecte de récits et de connaissances traditionnelles pourraient contribuer à structurer cette démarche.

Car chaque mot appris par un enfant représente bien plus qu’un simple acquis linguistique. Il constitue un fragment de mémoire qui échappe à l’oubli. Et chaque jeune qui apprend à parler Galoa devient, à son tour, un possible dépositaire d’une histoire et d’une culture dont la transmission a commencé bien avant lui.

Ntyatanga redonne vie au Galoa

Le choix du village Ntyatanga pour accueillir cette initiative n’est d’ailleurs pas anodin. Dans cet environnement chargé d’histoire et de traditions, les enfants peuvent être directement au contact de personnes qui maîtrisent la langue et détiennent une partie des connaissances liées à la culture Galoa.

Le village devient ainsi un véritable espace de transmission intergénérationnelle, où les savoirs ne sont plus seulement racontés, mais également pratiqués.

Elliott Ana Merveille et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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