Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a lancé jeudi à Port-Gentil la première production des Aciéries du Gabon, une unité industrielle portée par la société Foberd. L’usine transforme des rebuts ferreux en barres d’acier destinées notamment au secteur de la construction.
Le processus repose sur la récupération de ferrailles et autres déchets métalliques. Ces matières sont triées puis acheminées vers l’usine où elles passent par un four industriel à très haute température. Après fusion et traitement, l’acier est transformé en barres avant leur refroidissement et leur mise à disposition pour différents usages.

Cette production locale intervient dans un contexte où le Gabon cherche à développer ses capacités industrielles et à limiter certaines importations. La transformation des rebuts ferreux sur place doit permettre de conserver une plus grande part de la valeur créée sur le territoire et de répondre en priorité à une partie des besoins du marché national.
Autour de l’usine, plusieurs activités peuvent aussi être développées, notamment la collecte des ferrailles, le tri, le transport, la logistique, la maintenance, le stockage et la distribution. Cette chaîne doit également créer des débouchés pour des petites et moyennes entreprises ainsi que de nouveaux emplois.
Pour les autorités, l’activité des Aciéries du Gabon participe ainsi à la diversification de l’économie. La production d’acier sur le territoire doit notamment accompagner les besoins du secteur du bâtiment et des travaux publics, tout en donnant une seconde utilisation aux déchets métalliques.

Implantée à Port-Gentil, l’unité industrielle nourrit également l’ambition de servir à terme une partie du marché de l’Afrique centrale. Sa priorité reste toutefois le marché gabonais, avec la possibilité d’élargir sa production vers les pays de la sous-région en fonction de ses capacités.
Le lancement de cette première production marque donc une nouvelle phase pour l’industrie sidérurgique au Gabon. Au-delà de la fabrication de barres d’acier, l’enjeu porte sur la création d’une filière locale autour de la matière première, de la transformation, de la commercialisation et des emplois.
Christina Thélin Ondo et Jean-Jacques Rovaria Djodji
