Dans une déclaration, aux allures de réquisitoire sans concession, abondamment courue et partagée sur la toile, l’opposant Albert Ondo Ossa, qui vit en exil en France, a taillé en pièce les tenants et aboutissants de la récente visite d’Etat du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, en France. Des retombées de ladite visite sur le plan économique (accords, protocoles et contrats) Ondo Ossa n’y voit qu’une « débauche d’énergie et de moyens », vendue par une communication « pompeuse et excessive ». Des derniers développements de l’actualité diplomatique sur l’affaire Mbanié, l’opposant pointe un mélange de genres, une confusion de rôles entre « privilèges de familles » et intérêts supérieurs de la nation ».

Pour Albert Ondo Ossa, au moment où les autorités gabonaises se complaisent dans « une auto-satisfaction béate et à la limite ridicule », le séjour du président de la République dans l’Hexagone, accompagne d’une délégation de « plus de 300 personnes », croit-il savoir, aurait été un fiasco, tant au niveau de sa préparation que des résultats attendus.
« On a laissé de côté les personnalités compétentes, les services de l’ambassade en l’occurrence, pour faire appel à un personnel privé, membre de la diaspora partisane. L’auditoire est parfaitement acquis à la cause du putchiste en chef, au point que la visite officielle du chef de l’État gabonais, s’est muée à un bal de kounabélistes zélés, ceux venus du Gabon en surnombre d’une part, et ceux résidant en France ainsi que de nombreux intrus africains d’autre part », regrette-t-il.
A propos des résultats dont se satisfait le pouvoir, « sur le fond, le Gabon se retrouve avec une réduction de la production de manganèse qui chute de 2 millions de tonnes à 700 000 tonnes. Quant à la transformation du manganèse, vantée par les autorités et reprise en cœur par des kounabélistes zélés et grossiers, elle est simplement repoussée aux calendes grecques. Le médiocre résultat obtenu procède (…) de l’impréparation des putchistes et d’un dossier mal ficelé en amont, en fait, l’absence d’une véritable étude de faisabilité », a-t-il asséné.
Et l’opposant d’indiquer qu’en dehors du dîner officiel au Palais de l’Élysée, le voyage officiel du chef d’Etat gabonais est « inutile, nul et sans intérêt ».
L’argent dépensé lors de ce seul voyage « aurait permis de construire deux établissements secondaires entièrement équipés. Lui seul aurait permis de réaménager les restaurants universitaires des campus de Libreville et d’y acheter de nouvelles batteries de cuisine pour servir des bons repas aux étudiants », déplore Albert Ondo Ossa.
Mbanié, une diplomatie malmenée
Concernant l’Ile Mbanié, la qualité des signataires de l’accord signé le 28 juillet 2026, côté gabonais notamment, pose problème aux yeux du Pr Ondo Ossa qui évoque un « accord est nul et de nul effet ».
« Pourquoi solliciter, en pareilles circonstances, la solidarité d’un peuple spolié par une gestion patrimoniale, voire familiale de l’État ? Pourquoi réclamer la formation d’une nouvelle commission lorsqu’on sait que les mêmes causes ont les mêmes effets ? Le PDG, alias UDB, a toujours usé des mêmes méthodes. La famille au détriment des institutions, les intérêts de la famille et du clan au détriment de ceux de la nation », a-t-il déclaré.
Evoquant enfin l’élaboration de la loi de finances rectificatives 2026, le Pr en économie souligne que structurellement celle-ci défie les règles et standards internationaux en termes de prévisions budgétaires, de dépenses de fonctionnement (masse salariale en dessous de 35% de ressources fiscales), l’encours de la dette (moins de 70% du PIB) et du solde budgétaire de référence (supérieur à 5% du PIB).
« A cet égard, la loi de finances rectificatives 2026, qui ne respecte aucune de ses règles, est de nul effet. Nous sommes à la case départ. Le budget 2026 n’en est pas un. Il en sera de même pour les budgets à venir, 2027, 2028 et 2029, alors que le programme triennal au cours de cette période aurait permis de revenir à l’équilibre et non d’avoir un mouvement divergent et totalement contre-productif », prédit Albert Ondo Ossa, qui exige que les dirigeants actuels partent « dans les meilleurs délais, car ils détruisent notre pays en termes réels », a-t-il conclu.
Féeodora Madiba
