France : le Gabonais pauvre n’a quasiment plus de chance d’étudier dans les universités françaises aux frais de l’Etat

Le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a estimé mardi que la hausse de 43% des frais de scolarité décidée par la France obligerait le Gabon à orienter ses étudiants vers des destinations mieux coûteuses pour ne pas exploser les charges de l’Etat.

Dans un discours préparé lu devant la diaspora gabonaise de France, le Président gabonais en visite d’Etat dans ce pays, a pointé cette augmentation de 43% des frais d’inscription dans les universités françaises comme une raison d’exclure la France comme destination des étudiants boursiers de l’Etat gabonais.

Le Gabon ne pourra pas se permettre de soutenir une telle augmentation qui aurait un impact négatif sur les finances publiques du pays, a-t-il déclaré.

A en croire le numéro un gabonais, la décision française douche le rêve de milliers de petits Gabonais qui voyaient en la France une destination privilégiée pour les études supérieures, en raison de la langue, de l’histoire commune, des similitudes du système éducatif et de la réputation des diplômes délivrés par l’hexagone.

Pour mémoire, depuis 2019, la France a aligné les droits d’inscription des étudiants extra-communautaires sur le « coût réel » des études : 2 770 euros par an en licence et 3 770 euros en master et doctorat, contre 170 euros et 260 euros auparavant. Des exonérations partielles existent, mais restent limitées.

Le Sénégal et le Maroc comme alternatives

Face à ce constat, Brice Clotaire Oligui Nguema a proposé deux pistes à ses compatriotes. Première option : s’orienter vers des pays où l’enseignement supérieur est moins coûteux. Sans les citer à Paris, le Président a déjà évoqué par le passé le Sénégal et le Maroc comme « exemples » de destinations africaines attractives et abordables. Il l’avait clairement indiqué lors d’une rencontre avec la diaspora gabonaises des USA, un des pays qu’il avait d’ailleurs exclu de la future liste des boursiers de l’Etat gabonais.

Deuxième option : miser sur le Gabon lui-même. Le Chef de l’État plaide pour la construction d’universités et de grandes écoles au Gabon, « répondant aux standards internationaux en termes de qualité d’enseignement ».

L’objectif, selon lui, est double : permettre aux jeunes Gabonais de bénéficier d’une formation de qualité sur place et, à terme, faire du Gabon « une destination majeure du tourisme de l’enseignement supérieur » capable d’attirer des étudiants d’autres pays africains.

Le Président a réaffirmé son engagement à bâtir des universités et grandes écoles au Gabon créatrices d’opportunités pour la jeunesse gabonaise.

Marie-Dorothée

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