Madame Marcelle Eyang Noutchet © Gabon Media Time
Depuis plusieurs semaines, l’affaire de boisson « Booster » commercialisées par la SOBRAGA suscite de nombreuses interrogations. Une controverse qui a pris une nouvelle dimension après la révélation d’analyses effectuées à l’étranger et dont les conclusions seraient particulièrement préoccupantes pour la santé des consommateurs gabonais.
Selon Dame Marcelle Eyang Noutchet, à l’origine de l’importation en France d’échantillons destinés à des analyses approfondies, les résultats obtenus dans l’hexagone auraient mis en évidence la présence de composantes jugées préoccupantes. Plus troublant encore, ces conclusions auraient été corroborées par une seconde expertise réalisée au Maroc.
« J’ai eu au téléphone le Directeur général de l’AGASA, monsieur Jean Delors Biyogue qui m’a clairement indiqué avoir effectué des analyses au Maroc. Les résultats obtenus seraient identiques à ceux révélés par les laboratoires français », affirme-t-elle chez notre confrère Gabon Media Time.
Cette convergence des résultats soulève une question fondamentale : pourquoi de telles alertes n’auraient-elles pas entraîné une réaction plus ferme des autorités compétentes ?
Au cœur de la polémique figure l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA). Selon les informations rapportées, l’institution aurait reconnu la nécessité d’une vigilance accrue concernant ces produits, tout en étant confrontée à une limite structurelle majeure : l’absence de laboratoire d’analyse propre.
Une situation qui interroge. Car si l’organisme chargé de veiller à la sécurité alimentaire des populations ne dispose pas des outils techniques nécessaires pour mener ses propres expertises, comment garantir un contrôle totalement indépendant des produits mis sur le marché national ?
Toujours selon les déclarations recueillies, les analyses des boissons seraient habituellement fournies par les industriels eux-mêmes avant d’être validées par les autorités. Une pratique qui, bien qu’existante dans plusieurs systèmes de contrôle, soulève inévitablement la question de l’autonomie de la vérification scientifique.
L’affaire prend ainsi une dimension plus large que celle d’un simple produit de consommation. Elle met en lumière les défis structurels auxquels sont confrontés les organismes de contrôle dans la protection de la santé publique.
Pour certains observateurs, la prudence de certains responsables s’expliquerait également par la crainte de s’engager dans un bras de fer avec de puissants acteurs économiques. Une hypothèse qui alimente les débats au sein de l’opinion publique et renforce les appels à une transparence totale sur ce dossier.
Camille Boussoughou
