Le Conseil départemental de Bendjé (CDB), dans la province de l’Ogooué-Maritime, a adopté son budget primitif pour l’exercice 2026, arrêté à 800 234 071 francs CFA. Un niveau de ressources en nette baisse par rapport aux exercices antérieurs, qui met en évidence les contraintes financières croissantes auxquelles la collectivité est confrontée.

Pour la présidente du CDB, Lucie Daker Akendengué, ce budget, qualifié de « largement en deçà » des précédents, reflète un contexte économique difficile, marqué notamment par l’érosion des recettes de fonctionnement. Fait particulièrement notable : l’absence totale d’un volet investissement, une première dans l’histoire du département, qui limite considérablement les marges de manœuvre en matière de développement local.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la masse salariale dépasse à elle seule le milliard de francs CFA, excédant largement les ressources disponibles. Un déséquilibre structurel qui contraint l’exécutif local à prioriser le paiement des salaires, au détriment d’autres actions pourtant essentielles au bien-être des populations.
Face à ces contraintes, les autorités départementales envisagent une série de mesures d’ajustement. Celles-ci incluent notamment la réduction de certaines dépenses, la réorganisation des dispositifs d’aide sociale, ainsi qu’une révision du système de taxation locale, jugé inadapté aux réalités économiques actuelles et à l’évolution du coût de la vie.
Dans une perspective de redressement, le Conseil départemental entend également engager des réformes plus profondes. Parmi les pistes évoquées figurent l’amélioration du recouvrement des recettes fiscales, la modernisation des outils de gestion administrative et financière, ainsi que le recours accru à des partenariats public-privé afin de soutenir certaines initiatives structurantes.
En attendant une éventuelle rallonge budgétaire annoncée à l’horizon mi-2026, le département de Bendjé devra faire preuve de rigueur et d’ingéniosité pour maintenir ses services essentiels et répondre, autant que possible, aux attentes des populations dans un contexte de ressources limitées.
Jean-Jacques Rovaria Djodji
