FEGAFOOT : Dieudonné Ndoumbou regrette d’avoir  »fait élire » Pierre Alain Mounguéngui

A l’approche des échéances électorales à la tête de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot), prévues le 18 avril en cours, Dieudonné Ndoumbou, qui a conduit le Comité de normalisation de l’instance faîtière du football gabonais en 2013 sort de sa réserve. Dans une sortie médiatique chez nos confrères de l’Agence gabonaise de presse (Agp), Dieudonné Ndoumbou, naguère proche et ancien soutien de poids du président fédéral sortant, Pierre Alain Mounguéngui, qui brigue un nouveau et 4ème mandat à la tête de la Fégafoot, a exprimé une profonde désillusion face à ce qu’il qualifie de dérive dans la gestion du football gabonais.

Dieudonné Ndoumbou, fondateur de « Terre de Foot Gabon », une académie de football de référence dans la province de l’Ogooué-Maritime, à Port-Gentil (littoral sud), dresse aujourd’hui un constat sévère, évoquant sans détour un « chaos » institutionnel et une gouvernance qu’il juge défaillante, à l’actif du président fédéral sortant.

Au cœur de ses critiques, M. Ndoumbou dénonce une gestion qu’il assimile à du « bricolage », pointant un manque de vision stratégique et de rigueur dans la conduite des affaires fédérales. Il estime que le maintien de l’équipe dirigeante actuelle pourrait davantage fragiliser un football déjà en perte de repères, allant jusqu’à craindre un effondrement durable du ‘’sport roi’’.

« Si Monsieur Pierre Alain Mounguéngui avait un peu de dignité, il aurait dû se retirer. Malheureusement, il veut aller jusqu’au bout de sa logique de bricolage pour achever notre football », a suggéré Dieudonné Ndoumbou, affectueusement appelé « Diégo » dans les milieux du football gabonais.

Revenant sur son engagement passé, il confesse un profond regret personnel majeur : celui d’avoir contribué à l’accession au ‘’pouvoir’’ d’un leadership dont il critique désormais les résultats. Dieudonné Ndoumbou, il va plus loin, affirmant regretter « d’avoir été loyal à la fin de la normalisation », une période charnière du football gabonais dont il a eu la charge, tout juste l’élection de Pierre Alain Mounguéngui.

Selon lui, ce choix de loyauté s’était notamment traduit par un renoncement à ses propres ambitions en 2014, au profit d’une stabilité qu’il espérait bénéfique pour la discipline. Mais plus d’une décennie après, le bilan qu’il dresse est sans appel : stagnation des compétitions locales, performances internationales en demi-teinte et absence de réformes structurelles profondes, déplore-t-il.

Au-delà de la critique individuelle, cette prise de parole s’inscrit dans une dynamique plus large de remise en question de la gouvernance sportive au Gabon. L’ancien allié appelle ainsi à un sursaut collectif, invitant les acteurs du football national à se mobiliser pour instaurer une alternance crédible et promouvoir une nouvelle éthique de gestion.

Alors que la bataille pour le contrôle de la Fégafoot s’annonce décisive, cette sortie médiatique vient amplifier le débat sur l’avenir du football gabonais. Elle place également Pierre Alain Mounguengui face à un enjeu majeur : répondre aux critiques et convaincre de sa capacité à redresser une institution en quête de renouveau.

M.-O. Mignonne et Jean-Jacques Rovaria Djodji

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