Energie : Les experts de l’énergie d’Afrique centrale en conclave à Libreville pour bâtir l’avenir énergétique régional

Libreville accueille depuis ce mercredi la 27e session ordinaire du Conseil de direction du Pôle énergétique de l’Afrique centrale (PEAC). Cette « grande messe » de l’énergie a réuni les décideurs et experts de la sous-région autour d’un impératif commun désormais vital : transformer le potentiel immense de l’Afrique centrale en une réalité électrique accessible, fiable et durable pour tous.

La rencontre de Libreville connait la participation de 12 sociétés d’électricité des pays membres de l’espace CEEAC. Parmi les pays représentés figures l’Angola, le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la RCA, la RDC et le Tchad.

Co-organisées par la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et la Société de patrimoine, sous l’égide du ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’énergie, ces assises marquent une étape importante pour l’intégration communautaire.

« L’énergie n’est plus seulement un facteur de croissance, elle constitue un pilier essentiel du développement durable, un vecteur d’inclusion sociale et un moteur de transformation économique », a indiqué Pierre-Mathieu Obame Etoughe maire de Libreville.

Pour le Gabon, membre fondateur du PEAC en 2003, cette session est une reconnaissance de son engagement constant. Steeve Sorel Legnongo, Administrateur directeur général de la SEEG, a souligné que l’interconnexion des réseaux n’est plus un concept lointain mais une réalité tangible, citant en exemple l’accord d’achat-vente d’électricité signé entre la SEGESA (Guinée Équatoriale) et la SEEG dont l’objectif est l’interconnexion électrique pour alimenter le nord du Gabon (Bitam, Oyem, Medouneu) depuis la sous-station d’Ebebiyin.

Malgré ces avancées, le constat dressé par Rui Gourgel, président du Comité de direction, reste accablant : « l’Afrique Centrale dispose de ressources abondantes mais inégalement distribuées. Le manque de développement des infrastructures électriques engendre une perte significative annuelle du produit intérieur brut (PIB) régional ». Pour lui, la priorité est au développement de projets d’interconnexion et à la réforme des structures institutionnelles pour créer un véritable marché régional de l’électricité.

Les travaux des experts, qui constituent le cœur de cette rencontre, se sont articulés autour de deux axes majeurs : à savoir la validation des recommandations techniques issues des comités d’experts pour accélérer les projets transfrontaliers et l’optimisation du fonctionnement de l’institution pour lui donner l’autonomie et l’efficacité nécessaires à sa nouvelle mission de régulateur et facilitateur.

Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, a porté un message de rupture. Pour lui, l’État ne peut plus être l’unique investisseur. L’heure est à la structuration des partenariats public-privés et à la sécurisation des flux financiers transfrontaliers.

« L’intégration énergétique de l’Afrique centrale n’est plus une option, c’est une obligation », a martelé le membre du gouvernement, appelant à actionner trois leviers : la convergence technique, la solidarité opérationnelle et l’audace des réformes.

Cette vision s’aligne sur les priorités du Président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de l’accès à l’électricité le premier pilier de son programme de développement. Avec des projets d’envergure comme la future centrale hydroélectrique de Kinguélé Aval, « Sa mise en exploitation prochaine viendra accroître significativement les capacités de production nationale et permettra à la SEEG d’améliorer durablement la qualité du service offert aux usagers », a annoncé Steeve Sorel Legnongo, Administrateur directeur général de la SEEG.

Le Gabon entend non seulement renforcer sa capacité nationale mais aussi jouer son rôle de moteur dans le mix énergétique de la sous-région.

A Libreville les 12 sociétés membres de l’institution prônent pour une électricité plus verte, plus résiliente et, surtout, mieux éclairée.

Betines Makosso

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