Claude Damas Ozimo, fils ainé du feu Georges Damas Aleka, entouré de ses sœurs, durant la conférence de presse le 30 avril au Ministère de la culture à Libreville © Gabonactu.com
Le Gabon s’engage dans un exercice salutaire de mémoire et de transmission. C’est dans cet esprit qu’est né l’ouvrage intitulé : « Dans un ciel de concorde, Georges Damas Aleka, un homme dans l’histoire du Gabon », une œuvre qui dépasse largement le cadre d’une simple biographie pour s’imposer comme un véritable pont entre les générations, présentée ce jeudi 30 avril 2026 à Libreville par la famille à l’occasion de la conférence de presse marquant le lancement des activités commémorant le 44e anniversaire de la disparition de Georges Damas Aleka, grand homme de culture et politique multidimensionnel.
Plus qu’un livre, cet ouvrage se veut un témoignage vivant, un héritage transmis avec soin, une invitation à redécouvrir l’itinéraire d’un homme dont la trajectoire épouse les contours de l’histoire nationale. À travers ses pages, ce n’est pas seulement le parcours individuel de Georges Damas Aleka qui est retracé, mais aussi une vision, un engagement constant au service de la Nation gabonaise.
Né le 18 novembre 1902 à Libreville et disparu le 4 mai 1982, Georges Damas Aleka demeure une figure emblématique de l’histoire politique et culturelle du Gabon. Auteur et compositeur de l’hymne national, La Concorde, il fut également premier Président de l’Assemblée nationale du pays de 1964 à 1975, contribuant activement à la structuration institutionnelle du Gabon dans les premières décennies de son indépendance.

L’ouvrage met notamment en lumière un pan méconnu de l’histoire nationale : le titre originel de l’hymne gabonais, « Un ciel de Concorde ». C’est sous cette appellation que l’hymne fut présenté aux députés réunis le 25 janvier 1960 à Radio Gabon, avant que, sur demande de l’Assemblée nationale, son auteur ne procède à une modification. Ce détail historique, loin d’être anecdotique, illustre la manière dont les symboles nationaux se construisent dans le dialogue et le consensus.
Durant cet échange avec la presse, Claude Damas Ozimo, fils aîné de la famille, a souligné que « cette initiative s’inscrit dans une volonté claire, celle de « raconter l’histoire, non pas seulement celle d’un homme, mais celle d’un parcours, d’une vision et d’un engagement ».
La semaine commémorative prévue se tenir du 2 au 8 mai 2026 s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Elle vise à créer un espace de rencontre entre mémoire, culture et transmission, permettant aux jeunes générations de s’approprier une part essentielle de leur héritage.
Le point culminant de cette semaine sera sans conteste le vernissage de l’ouvrage prévu le 8 mai, moment symbolique où passé et présent se rejoignent pour nourrir l’avenir. Soutenue par le ministère en charge du rayonnement culturel, cette initiative témoigne de l’importance accordée à la valorisation du patrimoine historique et à la transmission des valeurs fondatrices de la République.
« Nous sommes dans un moment de partage de l’histoire de notre pays, un moment de transmission d’un héritage à travers plusieurs générations et la République en a bien besoin ; au moment où nous construisons cette 5e République, il est important de restituer aux Gabonais l’histoire vraie de notre pays et celle des hommes qui ont contribué à sa création », a soutenu avec force, Régis Onanga Ndiaye, Président de l’Assemblée nationale.
À travers cet ouvrage dont le vernissage sera fait le 8 mai prochain , c’est donc bien plus qu’un récit personnel qui est offert au public : c’est une mémoire collective qui se recompose, un héritage qui se transmet, une identité nationale qui se consolide. Dans un monde en perpétuelle mutation, où les repères peuvent vaciller, le retour aux sources apparaît comme une nécessité.
En célébrant Georges Damas Aleka, le Gabon ne se contente pas d’honorer un homme. Il réaffirme son attachement à ses valeurs fondatrices, à son histoire et à ceux qui, par leur engagement, ont contribué à écrire les premières pages de son destin. Un devoir de mémoire, certes, mais surtout un acte de transmission, indispensable à la construction d’un avenir commun.
Camille Boussoughou
