Le Pape Léon XIV effectuera en avril une vaste tournée en Afrique, avec des étapes en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Une séquence diplomatique et pastorale majeure pour l’Afrique centrale à laquelle le Gabon ne figure pas sur l’agenda pontifical.
Après une année marquée par le Jubilé à Rome, le souverain pontife de 70 ans entame une série de déplacements internationaux qui le conduiront notamment en Afrique du 13 au 23 avril. Sa tournée débutera en Algérie du 13 au 15 avril (Alger et Annaba), pour un voyage hautement symbolique visant à renforcer le dialogue interreligieux dans un pays majoritairement musulman et visiter les lieux liés à Saint-Augustin, ancien évêque d’Hippone.
Elle se poursuivra au Cameroun, du 15 au 18 avril (Yaoundé, Bamenda et Douala), où le pape entend lancer des appels à la paix dans un contexte de tensions politiques et sociales. Du 18 au 21 avril, il sera en Angola, confronté à une situation politique délicate, avant de terminer sa grande tournée africaine en Guinée équatoriale du 21 au 23 avril, pour rencontrer les fidèles et encourager le dialogue national et la justice sociale.
Mais cette tournée, pourtant centrée sur l’Afrique centrale, laisse de côté le Gabon, pays à forte tradition chrétienne et partenaire diplomatique ancien du Saint-Siège. Le pays a déjà accueilli des souverains pontifes, notamment Pape Jean-Paul II, venu à Libreville dans les années 1980, puis Pape Benoît XVI en 2009, lors d’une visite marquante en Afrique.
Alors que Libreville entretient des relations diplomatiques suivies avec le Saint-Siège et que l’Église catholique joue un rôle social majeur dans l’éducation et la santé, l’absence d’étape gabonaise interroge dans l’agenda 2026. Faut-il y voir un simple choix logistique ou un signal diplomatique plus subtil ? Pour l’heure, Libreville reste en marge d’une tournée pourtant historique pour la sous-région.
– Sagrada Familia et îles Canaries –
Aux antipodes de la tournée en Afrique, la visite à Monaco, dont le programme n’a pas été annoncé, sera la première d’un pape à l’époque contemporaine, aucun souverain pontife ne s’y étant rendu depuis le début des voyages apostoliques dans les années 1960.
Deuxième plus petit Etat du monde derrière le Vatican, la principauté, qui compte quelque 39.000 habitants sur 2 km2 dont seulement un quart de nationaux, dans le sud de la France, sur les bords de la mer Méditerranée, allie climat méditerranéen, luxe, casinos et restaurants étoilés.
Elle est un des rares pays où la religion catholique est religion d’Etat, et Albert II, qui avait été reçu au Vatican en janvier, partage l’engagement du Saint-Siège pour la protection de l’environnement.
Le pape et le prince ont en commun « une attention particulière sur le respect de la vie humaine de ses débuts à sa fin, le souci d’une écologie intégrale » ou encore « une passion pour le sport et ce qu’il représente pour l’humanité », a souligné le diocèse de Monaco dans un communiqué.
Léon XIV, hispanophone – il a passé une vingtaine d’années au Pérou comme missionnaire – se rendra également en Espagne du 6 au 12 juin, avec des étapes à Madrid, Barcelone et aux îles Canaries, archipel situé au large des côtes d’Afrique de l’Ouest et point clé de la route migratoire vers l’Europe.
Il devrait célébrer une messe à Barcelone le 10 juin, date de l’inauguration de la plus haute tour de la Sagrada Familia, coïncidant avec le centenaire de la mort de son architecte, Antoni Gaudi. Ce fervent catholique catalan a été déclaré « vénérable » par l’Eglise en 2025, première étape sur la voie de la sanctification.
En plus de ces déplacements, Léon XIV effectuera également une série de visites en Italie, notamment en mai à Naples et Pompéi (sud) et en juillet sur l’île de Lampedusa, point d’arrivée de nombreux migrants africains en Europe.
AFP
