Face à la recrudescence des violences faites aux femmes et aux difficultés rencontrées dans le traitement judiciaire de plusieurs affaires de décès suspects, la présidente de la plateforme associative Le Salon de la Femme, Sidonie Flore Ouwè, tire la sonnette d’alarme. Elle appelle le Pésident de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, également président du Conseil supérieur de la magistrature, à agir afin de mettre un terme aux insuffisances constatées dans la conduite des enquêtes, notamment en matière d’autopsie.
« Ce ne sont pas les parents qui doivent demander la pratique de l’autopsie. C’est un acte d’enquête. Il appartient aux enquêteurs, sur instructions du procureur de la République, sur réquisition de celui-ci, ou au procureur lui-même, d’ordonner cet examen médico-légal », rappelle Sidonie Flore Ouwè dans une capsule devenue virale sur la toile.
Pour la magistrate de formation, cette exigence ne relève pas d’une simple formalité administrative, mais constitue un acte d’enquête indispensable à l’identification des auteurs et à la qualification exacte des faits.
L’actrice de la société civile estime que la pratique de l’autopsie demeure un maillon essentiel de la manifestation de la vérité dans les dossiers de féminicides et de morts suspectes. Pourtant, selon elle, cette étape fondamentale est trop souvent négligée, compromettant ainsi l’aboutissement des procédures judiciaires.
La confusion des responsabilités fragilise considérablement, souligne-t-elle, les enquêtes et prive souvent la justice d’un élément de preuve déterminant. L’autopsie permet en effet d’établir avec précision les circonstances et les causes du décès, des informations indispensables pour orienter les investigations et soutenir l’accusation devant les juridictions compétentes.
Sidonie Flore Ouwè rappelle également que, lorsqu’une autopsie n’a pas été réalisée au cours de l’enquête préliminaire, le juge d’instruction dispose encore de la possibilité d’en ordonner une, à condition que le corps n’ait pas encore été inhumé. À défaut, prévient-elle, la procédure risque d’être sérieusement affaiblie.
« Sans autopsie, c’est une procédure qui ne tiendra sur rien du tout », alerte-t-elle, soulignant que cet acte médico-légal constitue un élément central permettant au procureur de la République, ou au procureur général, de bâtir une accusation solide devant les tribunaux.
Camille Boussoughou
