Dans un article publié le 11 septembre dernier, sous le titre « Magistrature : Edith Christiane Mvou Loubamono est-elle protégée ? », Gabonactu.com s’interrogeait sur la destination prise par les 100 millions d’avance, sur 395 millions de Francs CFA d’amende, exigés au Syndicat autonome des pétroliers (SNP), notamment à son Président Patrick Yénou, dans l’affaire (jugée en 2024), qui opposait ce dernier à la société Moundélé Moone Maritime Agency (3MA). Dans une toute autre version livrée par Moundélé Moon, Patron de 3MA, qui estime être le grand perdant dans cette affaire, il apparaît, selon toute vraisemblance, que Dame Mvou Loubamono, alors Procureure générale près la Cour d’appel judiciaire de Port-Gentil, aujourd’hui Procureure générale adjointe près la Cour de cassation, ainsi que tous les autres services compétents « ont fait application de la loi et ont travaillé avec sérénité » sur ce dossier, a-t-il soutenu, dans une interview accordée au correspondant local de Gabonactu.com à Port-Gentil.
Selon les déclarations de Moundélé Moon, évoquant la procédure judiciaire engagée contre le Président du Syndicat national des pétroliers, l’homme d’affaires assure que les autorités judiciaires et les services de sécurité concernés ont agi dans le strict respect de la loi, démentant avec fermeté la version des faits de l’ancien syndicaliste.
« S’agissant des fausses accusations portées contre l’ancienne Procureure générale de Port-Gentil, Édith Christiane Mvou Loubamono et le lieutenant du B2 Ndembi, je viens vous confirmer que ces derniers ont fait application de la loi et ont travaillé en toute sérénité », a-t-il martelé.
Selon Moundélé Moon, la société 3MA a régulièrement saisi le parquet à la suite d’une plainte portant sur la non-exécution d’une décision de justice. Un soit-transmis aurait ensuite été adressé au B2 pour exécution. C’est dans ce cadre, explique-t-il, que Patrick Parfait Yénou aurait été interpellé.
« Le syndicaliste Yénou a aussitôt demandé de transiger moyennant le versement de la somme de 100 millions comme avance pour éviter qu’il ne soit gardé à vue et déféré devant le Procureur de la République », soutient Moundélé Moon, précisant que les 100 millions de FCFA représentaient, selon lui, une première restitution sur les sommes qu’il réclame. « J’ai récupéré les 100 millions et je réclame le reste de mon argent dès 395 millions », déclare-t-il.
Les faits selon Moundélé Moon
Revenant sur l’origine du différend, Moundélé Moon affirme être la victime dans cette affaire. Il explique que le conflit remonte à 2016, alors que ses employés étaient engagés dans un mouvement de grève et avaient sollicité l’intervention du syndicaliste Patrick Parfait Yénou.
« Alors que j’attendais le versement des sommes dues par la société qui était en partenariat avec moi, j’ai été étonné d’apprendre que le syndicaliste Yénou a récupéré mon argent », raconte-t-il, estimant n’avoir depuis lors reçu ni justification précise de l’utilisation des fonds ni liste des salariés qui auraient bénéficié des paiements.
« Je ne sais pas si dans le Code du travail, il y a un article qui autorise un syndicaliste à s’approprier l’argent d’une entreprise et à en faire un usage personnel. Je réclame simplement la restitution de mon argent », affirme Moundélé Moon qui conteste ainsi les accusations formulées à son encontre et pose la question centrale du litige : « Finalement, dans cette affaire, qui a escroqué l’autre ? Enfin, qui est la victime entre le syndicaliste Yénou et moi, Moundélé ? ».
En définitive, l’homme d’affaires, Moundélé Moon, s’indigne des contradictions flagrantes et multiples annulations de décisions successives dans ce litige vieux de dix ans.
M.-O. Mignonne et Jean-Jacques Rovaria Djodji
