Des enseignants stagiaires de plusieurs instituts de formation expriment encore bruyamment ce jeudi, leur mécontentement devant l’institution de microfinance Sodec, sur le Boulevard Triomphal Omar Bongo, où ils perçoivent d’ordinaire leurs allocations de bourses pour lesquelles ils accusent aujourd’hui onze (11) mois d’impayés. Ils sont d’autant plus remontés qu’une instruction du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, aurait été donnée en faveur de la régularisation de leur situation, soutiennent-ils.

Selon les manifestants, une réunion s’était tenue récemment avec les responsables de la Sodec, chargée de la gestion des comptes bancaires des concernés. À l’issue de cette rencontre, un engagement écrit avait été pris, promettant un versement des bourses avant le 20 juillet. Trois jours après cette échéance, aucun paiement n’a été effectué à ce jour.
« On nous a expliqué que le retard était lié au Trésor et que la Sodec ne pouvait pas procéder au paiement tant que les fonds n’étaient pas disponibles. C’est pourquoi nous avons décidé de manifester. Le Directeur général de la Sodec est introuvable et, au lieu de venir nous rencontrer, il envoie les forces de l’ordre. Lors de notre précédente manifestation, une partie des étudiants avait été payée dès le lendemain, mais beaucoup d’entre nous attendent encore les versements couvrant la période de septembre à mai, soit environ 800 000 francs CFA », témoigne Dariska Laure, enseignante-stagiaire.
Ces informations n’ont pu être recoupées auprès de la direction de la Sodec qui se refuse à tous commentaires face aux allégations des étudiants qui dénoncent également un manque de coordination entre les différentes administrations impliquées dans le traitement de leurs dossiers.
Manœuvres dilatoires
Ils affirment avoir été renvoyés successivement vers l’Agence nationale des bourses du Gabon (Anbg), le Trésor public puis la Sodec, chaque structure indiquant avoir rempli sa part de responsabilité. Selon eux, l’Anbg et le Trésor assurent que les fonds ont bien été transférés, tandis que la Sodec affirme ne les avoir jamais reçus.
Ces dysfonctionnements n’impactent pas l’ensemble des étudiants traités par la Sodec. Ils touchent particulièrement les enseignants stagiaires de l’Institut de formation de l’enseignement technique et professionnel (Ifetp), de l’Institut de formation des professeurs d’école (Ifpe) ; ainsi que ceux de l’Institut de formation aux métiers de l’éducation (Ifme, anciennes Enset et Ens), qui dénoncent tous un retard de paiement qui perdure depuis septembre 2025.
Au-delà des difficultés administratives, les conséquences sociales sont importantes. Plusieurs étudiants expliquent avoir contracté des dettes pour poursuivre leur formation, tandis que d’autres évoquent les difficultés à payer leur logement ou à subvenir aux besoins de leur famille.
Les manifestants assurent ne rechercher aucun affrontement avec les autorités. Ils réclament uniquement le paiement des sommes qui leur sont dues et appellent le gouvernement à intervenir afin de mettre un terme à une attente qu’ils jugent désormais insoutenable.
M.-O. Mignonne et Darène Mabelle Ayingone
