La Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (Cima) et l’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire ouest africaine (Amf – Umoa) ont procédé, ce lundi, au Palais des Congrès de la Cité de la Cité de la démocratie de Libreville, à la signature d’une convention de coopération technique visant à organiser le partage d’informations, l’assistance technique mutuelle et la convergence des pratiques réglementaires entre les deux principales zones économiques de l’Afrique subsaharienne francophone. En marge de cette cérémonie, placée sous le parrainage du ministère de l’Economie, des finances, de la dette et des participations, chargé de la lutte contre la vie chère, représenté pour la circonstance par son Secrétaire général, Michel Tsamba, il a été organisé un atelier régional sur le thème : « Mobiliser l’épargne au service de l’économie réelle ». Y ont pris part, gouvernants, régulateurs, chefs d’entreprise, universitaires et acteurs du secteur financier africain.

La convention signée vise à donner une base juridique durable à la collaboration entre la Cosumaf, la Cima et l’Amf-Umoa, au bénéfice des marchés et des investisseurs des deux zones ; ainsi qu’à identifier les réformes et les instruments concrets qui permettent de mieux orienter l’épargne domestique et de la diaspora vers le financement de l’économie réelle.
Ce, d’autant plus que selon la Présidente de la Cosumaf, Jacqueline Adiaba-Nkémbé « L’Afrique centrale et de l’ouest ne manque pas d’épargne, elle manque de canaux pour le transformer en investissement productif (…) Aucun régulateur seul ne peut y répondre. C’est le sens profond de la présente convention. Elle fait concrètement ce que ni la Cosumaf seule, ni la Cima seule, ni l’Amf-Umoa seule n’aurait pu faire. Elle relie l’épargne assurancielle à l’investissement boursier, elle relie l’Afrique centrale à l’Afrique de l’ouest, elle relie la régulation à la croissance », a-t-elle fait observer.
Dans cette perspective, les participants, après avoir suivi la leçon inaugurale du Professeur Ondo Assoumou, Directeur des études à l’Institut national des sciences de gestion sur le thème : ‘’Marché financier et marché des assurances : transformer les nouveaux canaux d’épargne pour renforcer le financement de l’économie gabonaise’’, les participants ont été répartis dans deux ateliers
Dans le premier atelier portant sur le thème : ‘’Financement des infrastructures : les marchés de capitaux au service des souverains’’, les participants ont examiné comment les marchés de capitaux peuvent prendre le relais : émissions obligataires souveraines, partenariat public-privé, fonds d’infrastructure et titrisation. Il a aussi posé la question de l’épargne longue, indispensable à ce type de financement.

Le second atelier intitulé ‘’Industrie de l’assurance et marché financier : quels leviers pour accélérer le financement de l’économie réelle’’, a révélé que les compagnies d’assurance collectent une épargne de long terme susceptible d’alimenter le marché financier et financer les entreprises et les projets structurants. Ce panel a notamment exploré les conditions pour que cette complémentarité devienne effective en Afrique centrale.
« Le développement des marchés financiers performants constitue un enjeu stratégique. Il ne s’agit pas uniquement une question de régulation ou d’ingénierie financière, mais il s’agit avant tout de créer les conditions permettant de mieux transformer l’épargne disponible en investissement productif capable de financer nos infrastructures, nos entreprises, notre industrialisation, notre transition énergétique et notre innovation », a soutenu le Secrétaire général du ministère de l’Economie et des finances, Michel Tsamba.
Au terme de ces travaux, les participants sont unanimes pour reconnaitre que l’Afrique centrale dispose d’un potentiel d’épargne important, mais encore très faiblement orienté vers le financement des entreprises, des infrastructures et de l’investissement productif. A cette occurrence, les marchés financiers et le secteur des assurances sont deux leviers essentiels pour changer la donne.

A ce titre, « Les investisseurs institutionnels, parmi lesquels figurent les compagnies d’assurance ont un rôle déterminant à jouer dans cette transformation. Par la nature de leur engagement et de leurs placements, les compagnies d’assurance disposent d’un horizon de placement long, compatible avec le financement des infrastructures et des projets structurants. Ce qui fait de leur participation au développement de nos marchés financiers un enjeu majeur », a suggéré le Secrétaire général de l’Amf-Umoa Kossi Ténou.
En fédérant ainsi les forces de la Cima, de la Cosumaf et l’Amf-Umoa, « nous brisons définitivement les cloisonnements géographiques et sectoriels pour éclore un écosystème financier intégré, robuste et interconnecté, au service du développement économique de nos Etats membres », s’est réjoui le Secrétaire de la Cima, Eric Rochereau Kouaghu Tchuisseu.
Féeodora Madiba
