Face aux défis de la diversification économique et de la consolidation institutionnelle, l’acteur civique Cédric Tchissambou plaide pour l’émergence d’une « démocratie de développement » capable de garantir la continuité des grandes politiques publiques au-delà des alternances politiques. Selon lui, le Gabon doit concilier stabilité institutionnelle, liberté politique et efficacité économique afin d’accélérer sa transformation.
Dans une réflexion consacrée aux perspectives de développement du Gabon, Cédric Tchissambou estime que la réussite économique du pays ne passe ni par l’abandon du multipartisme ni par la concentration du pouvoir, mais par la mise en place d’institutions capables de préserver les grandes orientations stratégiques de l’État. « Le Gabon n’a pas besoin d’abolir le multipartisme pour réussir. Il doit plutôt bâtir une démocratie de développement où les grandes orientations économiques demeurent stables, quel que soit le parti au pouvoir », affirme-t-il. Pour l’ingénieur Télécom, les changements de gouvernements entraînent trop souvent l’interruption ou la remise en cause de projets structurants, au détriment de la croissance et de l’investissement.
L’acteur civique préconise ainsi la sanctuarisation de certains secteurs jugés prioritaires, notamment l’industrialisation, la transformation locale des ressources naturelles, le développement agricole et les infrastructures. Il recommande également un renforcement du rôle de l’État stratège afin d’accompagner le secteur privé et d’orienter davantage les investissements vers les activités créatrices de valeur ajoutée. « L’objectif doit être de transformer davantage sur place le bois, le manganèse et les autres ressources nationales afin de créer des emplois et de la richesse pour les Gabonais », soutient-il. Dans cette logique, il propose l’extension du modèle des Zones économiques spéciales à d’autres régions du pays afin de stimuler la transformation locale des matières premières.
Cédric Tchissambou insiste par ailleurs sur la nécessité de moderniser la gouvernance publique. Il plaide pour une administration davantage fondée sur la compétence, l’évaluation des performances et la culture du résultat. La lutte contre la corruption et le renforcement de la sécurité juridique figurent également parmi ses priorités. « Le développement durable passe par des institutions crédibles, une justice efficace et une gestion rigoureuse des ressources publiques », souligne-t-il. Pour lui, le Gabon peut s’inspirer des expériences réussies de certaines économies émergentes sans pour autant les reproduire mécaniquement. « Le véritable défi n’est pas de reproduire les modèles étrangers, mais de construire un modèle gabonais conciliant stabilité institutionnelle, liberté politique et efficacité économique », conclut-il.
Ingénieur en télécommunications et acteur engagé dans le débat public, Cédric Tchissambou intervient régulièrement sur les questions liées à la gouvernance, à l’innovation et au développement économique. À travers ses analyses, il défend l’idée d’un modèle de croissance fondé sur la transformation locale des ressources, le renforcement des institutions et la promotion d’une économie plus compétitive et créatrice d’emplois.
Jean Jacques Rovaria Djodji
