Port-Gentil : Tribunal pour enfants incompétent, deux jeunes renvoyés devant la Cour criminelle

Jean-De-Dieu M.M. et Nono M.N. devront finalement répondre devant la Cour criminelle ordinaire des faits de vol avec usage d’une arme apparente qui leur sont reprochés. Le Tribunal pour enfants de Port-Gentil s’est déclaré incompétent, vendredi dernier, après avoir constaté que les deux jeunes avaient 19 et 20 ans au moment des faits survenus dans le quartier Interphoto.

L’affaire remonte à la nuit du 19 avril 2026, entre 22 heures et 23 heures. Clémence Ella Zogo, une habitante du 2e arrondissement de Port-Gentil, regagnait son domicile lorsqu’elle aurait été prise à partie par plusieurs individus dans une ruelle proche d’un point de dépôt d’ordures appelé « la poubelle ».

Les agresseurs lui auraient pris plusieurs biens, dont un téléphone Samsung, des bijoux, des parfums et divers effets personnels. La victime aurait également perdu 390 000 FCFA en espèces. Les investigations menées après les faits ont conduit les enquêteurs vers neuf personnes susceptibles d’avoir participé au vol.

Au terme de la procédure, Jean-De-Dieu M.M. et Nono M.N. ont été présentés devant la justice. Deux autres personnes, Marc A. et Sylvester M.M., auraient été remises en liberté après leur passage à la Police judiciaire. Selon les éléments évoqués à l’audience, ces deux derniers seraient mineurs et auraient reconnu leur implication dans les faits.

Mais avant tout examen du vol, le Tribunal pour enfants a dû trancher une question de compétence. Jean-De-Dieu M.M. avait 19 ans et Nono M.N. 20 ans au moment de l’agression. En se fondant notamment sur les articles 3 et 111 du Code de l’enfant, la juridiction a estimé qu’elle ne pouvait pas juger des personnes majeures au moment des faits et s’est déclarée incompétente.

Le dossier doit donc désormais prendre la direction de la Cour criminelle ordinaire. Pour la défense, Me Dominique Ongonwou, avocate au barreau du Gabon, une autre difficulté mérite toutefois d’être examinée. Elle s’interroge sur le sort des mineurs cités dans l’enquête et qui, selon elle, n’auraient pas été entendus par la juridiction pour enfants.

« Ils ont été saisis parce que des mineurs étaient impliqués dans la procédure. Et ces mineurs n’ont ni été appelés ni été entendus », soutient-elle.

La décision rendue vendredi ne dit donc rien de la culpabilité de Jean-De-Dieu M.M. et Nono M.N. Le vol présumé commis à Interphoto devra encore être examiné au fond par la Cour criminelle ordinaire. La juridiction devra notamment déterminer les responsabilités dans la disparition des 390 000 FCFA et des autres biens de la victime, ainsi que le rôle de chacun des mis en cause.

Jean-Jacques Rovaria Djodji

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