Le président du Tribunal de première instance de Port-Gentil, Fréjus Kayerigui, a dressé un bilan positif de la session criminelle pour enfants tenue du 18 au 21 août 2026 à la prison centrale. Au terme de quatre jours d’audiences, le magistrat a souligné le respect des règles applicables aux mineurs et appelé les parents à mieux encadrer leurs enfants pour prévenir la délinquance.
Plusieurs dossiers ont été examinés au cours de cette session, dont certains concernaient des mineurs en attente de jugement depuis plus d’un an. Pour Fréjus Kayerigui, les décisions rendues ont permis à ces jeunes de connaître enfin leur situation judiciaire. « Je vois que la loi a été appliquée dans sa rigueur », a-t-il déclaré.
Le président du tribunal rappelle toutefois que la justice des mineurs ne fonctionne pas comme celle des adultes. L’âge, le discernement, la maturité et le parcours du jeune doivent être pris en compte au moment de fixer la sanction. « On le sanctionne, mais on adapte la sanction », explique-t-il. L’objectif reste, selon lui, de donner au mineur une possibilité de réinsertion.
Cette approche conduit aussi les magistrats et les jurés à regarder au-delà de l’infraction. Certains jeunes poursuivis présentent de bons résultats scolaires ou des parcours qui ne laissaient pas forcément présager un passage devant une juridiction criminelle. La justice cherche alors à comprendre leur environnement familial et social, ainsi que les circonstances qui ont pu favoriser le passage à l’acte.
Deux affaires examinées au cours de la session ont par ailleurs conduit le Tribunal pour enfants à se déclarer incompétent au profit de la juridiction criminelle pour adultes. Fréjus Kayerigui évoque à ce sujet un possible « problème d’interprétation des textes », tout en rappelant que l’interprétation de la loi relève du travail du magistrat.
Au-delà des audiences, le président du tribunal veut surtout attirer l’attention sur la responsabilité des parents. Il estime que la famille reste le premier cadre de prévention de la délinquance. « La cellule familiale joue un rôle clé. Ça commence par là », insiste-t-il, avant d’inviter les parents à connaître les fréquentations de leurs enfants, à suivre leur scolarité et à s’intéresser à leurs activités.
Fréjus Kayerigui rappelle enfin que l’autorité parentale doit rester dans les limites de l’éducation et de la protection. « Ce qui est interdit, c’est punir à l’excès », précise-t-il, tout en rappelant que les parents peuvent aussi être tenus responsables des dommages causés par leurs enfants.
Pour lui, la lutte contre la délinquance juvénile ne relève donc pas de la seule justice. « La famille d’abord », résume le magistrat, qui appelle les parents, l’école, les services sociaux et la justice à agir ensemble pour éviter la récidive et favoriser la réinsertion des jeunes.
Jean-Jacques Rovaria Djodji
