Des erreurs présumées du tribunal de Ntoum constatées dans une ordonnance de tutelle délivrée le 10 août 2026 plombent la vie d’une orpheline de 14 ans dont la tante a sollicité la mise sous tutelle afin d’assurer valablement la prise en charge de l’adolescente déjà enceinte.
Selon le témoignage de Mme N.N.E.N, ces erreurs bloquent les démarches administratives concernant la mineure, notamment sa scolarisation et sa prise en charge médicale, parce que l’adolescente est enceinte de sept mois.
La procédure aurait été engagée en juin 2026, après que Mme Nancy Nseng Nseng Essono a récupéré sa nièce Obone Obame Ruth Keincia chez un autre membre de la famille.
Problème, la nouvelle tutrice découvre que la nièce est enceinte de 5 mois déjà. Elle n’a pas un acte de naissance en bon et du forme et n’a jamais vu une sage femme pour le suivi de sa grossesse. Pour obtenir légalement sa garde et lui permettre d’effectuer ses démarches administratives, elle se tourne vers le Tribunal de Ntoum.
Après plusieurs démarches, la présidente du tribunal, signe une ordonnance. Le document contiendrait malheureusement des erreurs matérielles, selon la famille. Il figure une mention soulignant que la mère de Ruth Keincia est « introuvable ». Une mention que la tutrice conteste, affirmant avoir effectué le déplacement d’Oyem pour obtenir un document attestant du décès de la mère auprès du chef du village. Selon elle, malgré cette pièce, le décès n’aurait pas été retenu au motif que le prénom figurant sur le document ne correspondait pas exactement à celui attendu.

Une seconde erreur concernerait cette fois le nom de la tutrice elle-même, dont l’orthographe aurait été incorrectement retranscrite dans l’ordonnance. Mme Nancy Nseng Nseng Essono estime difficilement compréhensible que le tribunal ait reproduit une erreur qu’elle affirme avoir déjà signalée sur les documents relatifs à la mère de l’enfant. « J’ai fait Oyem pour chercher la preuve. J’ai payé. J’ai signalé. Ils ont recopié », rapporte-t-elle.
Une situation devenue urgente
Au-delà du différend administratif, la situation prend une dimension particulière en raison de l’état de grossesse de la mineure. Selon les informations communiquées par la famille, Ruth Keincia est actuellement enceinte de sept mois et un accouchement par césarienne aurait été annoncé par son gynécologue en raison de son jeune âge. La tutrice affirme que l’irrégularité de l’ordonnance empêche de finaliser plusieurs documents nécessaires à la prise en charge de l’adolescente et de préparer sereinement son accouchement.
Mme Nancy Nseng Nseng Essono demande ainsi une régularisation rapide de la situation, estimant que le temps presse à mesure que la date prévue de l’accouchement approche. Elle affirme avoir déjà engagé des frais, notamment 20 000 FCFA dans le cadre de la procédure, et avoir tenté de faire corriger les mentions contestées. Les éléments transmis reposent toutefois sur le témoignage de la tutrice et sur les documents qu’elle affirme avoir produits.
Le Tribunal de Ntoum et la présidente ayant signé l’ordonnance n’ont pas encore livré leur version des faits. Leur prise de parole permettrait notamment d’éclairer les circonstances de la rédaction de l’ordonnance et les modalités prévues pour sa rectification.
Nkili Akieme
