Après l’accord historique, conclu mardi, actant le transfert intégral de la propriété d’Africa N°1 à l’État gabonais, la formalisation définitive de cette opération, ainsi que le transfert effectif des actions, détenus à 52% par la société Libyan Investment portfolio (LAIP), interviendront donc dans les tout prochains jours à Tripoli, lors de la tenue d’un Conseil d’administration extraordinaire et d’une Assemblée générale des actionnaires de la Radio africaine, de retour sous pavillon gabonais.
A la suite de la signature du protocole d’accord fixant les modalités de cession des actions de la LAIP à l’Etat gabonais, le ministre de la Communication et des médias, Germain Biahodjow, s’est félicité du « climat empreint de cordialité, d’ouverture et de compréhension mutuelle » qui a prévalu durant les négociations entre les parties gabonaise et libyenne.

Ce climat et cet accord traduisent la volonté commune des deux parties de renforcer leurs relations de coopération et de privilégier un dialogue constructif, fondé sur la préservation de leurs intérêts respectifs, souligne Germain Biahodjow, dans un communiqué consulté par Gabonactu.com.
Dans cet esprit, le ministre de la Communication et des médias, a réaffirmé son attachement au renforcement des partenariats stratégiques au service des intérêts mutuellement bénéfiques entre le Gabon et la Libye, a-t-on appris.
Dans l’attente de la séquence de Tripoli, ces discussions s’inscrivent dans le cadre de la relance des activités d’Africa N°1, média historique panafricain auquel les autorités gabonaises accordent un intérêt particulier, au regard de son rôle dans le renforcement de l’intégration africaine et de la coopération médiatique continentale.
La Radio Africaine
Fondée à Libreville au début des années 1980, la gestion de la station était soumise à un partenariat entre le Gabon et la Libye de Muammar Khadafi dans le milieu des années 2000. À son apogée, la radio diffusait ses programmes dans plusieurs pays africains et en Europe, devenant un symbole du panafricanisme médiatique et un acteur incontournable de l’espace audiovisuel africain.

Mais au fil des années, Africa N°1 a progressivement sombré dans une profonde crise financière et institutionnelle. Les difficultés de gouvernance, les tensions liées à l’actionnariat et surtout l’instabilité politique en Libye après la chute du régime de Kadhafi en 2011 ont fortement affecté le fonctionnement du média. La radio a connu plusieurs interruptions d’activités, des problèmes de financement et une perte progressive de son influence continentale.
Après le coup d’état du 30 août 2023, les nouvelles autorités avaient clairement affiché la volonté de relancer l’antenne. Africa N°1 a été réhabilitée en 2024, dans le contexte de la couverture médiatique du Dialogue national inclusif (DNI), avec des installations provisoirement logées dans l’enceinte du stade d’Agondjé et une ouverture sur les plates formes numériques. Son siège et ses studios traditionnels, sis au cœur de Libreville, ont été entièrement refaits.
Alph ’-Whilem Eslie
