Le tribunal de première instance de Port-Gentil (littoral sud) avait été la cible d’un cambriolage en mars 2026, avant que l’enquête ne conduise à l’arrestation de plusieurs suspects. Le jugement rendu mardi par le tribunal correctionnel vient clore un dossier sensible, marqué par la gravité des faits et les failles qu’il met en lumière. Deux peines de prison ferme et une relaxe ont été prononcées.
A la suite de ce forfait, les investigations avaient très vite orienté les soupçons vers un ancien agent de la juridiction, Lévy Lénic Mangari. Interpellé quelques jours plus tard, il passait aux aveux en livrant un récit précis des faits. Il avait alors expliqué s’être introduit par effraction et de nuit dans l’enceinte du tribunal après avoir forcé l’accès principal.
Il reconnaît avoir fracturé la salle des saisies ainsi que plusieurs bureaux, dont celui du greffe commercial, d’où il affirme avoir emporté près de 800 000 FCFA. Une partie du butin est ensuite transférée au domicile de sa compagne, avant d’être dissimulée avec l’aide de son beau-frère, Darel Diboti Nzahou. Les objets volés seront par la suite revendus.
À l’inverse, Délia Koumba Ngoma, compagne du principal mis en cause, conteste toute implication. Elle soutient avoir ignoré la provenance des fonds, affirmant que son conjoint évoquait une avance sur salaire.
À l’issue des audiences, le tribunal correctionnel a tranché. Koumba Ngoma Délia a été relaxée au bénéfice du doute, les éléments du dossier n’ayant pas permis d’établir sa culpabilité. Le mandat de dépôt pris contre elle a été levé. En revanche, Lévy Lénic Mangari a été reconnu coupable de vol aggravé, tandis que Darel Diboti Nzahou a été déclaré coupable de recel et d’entrave à l’action de la justice.
Les deux hommes ont été condamnés à cinq ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 100 000 FCFA chacun. Le tribunal a en outre ordonné la confiscation des biens saisis.
Les faits
Dans la nuit du 22 mars 2026, les services compétents, saisis par le procureur de la République, découvrent un tribunal vandalisé : portes forcées, bureaux fouillés, mobilier dégradé. Le préjudice est conséquent. Plusieurs enveloppes contenant au total plus d’un million de francs CFA avaient disparu, ainsi que divers objets.
Plus alarmant encore, des scellés judiciaires comprenant du chanvre indien, des comprimés de Tramadol et des bijoux y avaient été soustraits.
M.-O. Mignonne et Jean-Jacques Rovaria Djodji
