Kougouleu : phase 2 de la révolution rizicole avec une trentaine de producteurs formés

L’Institut de recherche agronomique et forestière (IRAF), dirigé par le Professeur Christophe Roland Zinga Koumba, en collaboration avec le Dr Yonnelle Moukoumbi, cheffe du programme PENSAV, a lancé à Kougouleu une formation technique et entrepreneuriale en partenariat avec la JICA et les experts semenciers du ministère de l’Agriculture, représenté par Sévérin Bibang. Pendant cinq jours, une trentaine d’acteurs agricoles participent à une session intensive axée sur le Système de riziculture intensive (SRI), la production de semences certifiées et la gestion d’exploitations agricoles.

Cette initiative vise à réduire la forte dépendance du Gabon aux importations de riz, qui couvrent encore plus de 95 % de la consommation nationale, estimée à environ 100 000 tonnes en 2023, avec pour objectif une réduction de 50 % d’ici 2030.

Les bénéficiaires de cette formation sont des représentants de coopératives et d’associations agricoles sélectionnés à l’échelle nationale selon des critères rigoureux, en vue de garantir une meilleure appropriation des techniques enseignées.

Après sept années de recherche, le Gabon franchit une étape importante avec l’homologation de trois variétés locales, Cheyi, Moukaface et Mboma, capables d’atteindre des rendements de 7 à 8 tonnes par hectare. Ces semences locales constituent un levier stratégique pour le développement d’une production rizicole compétitive et durable.

« C’est tout un honneur de voir que le fruit de notre recherche va aller dans les mains de ceux qui vont diffuser la valeur du travail fait ici à Kougouleu », a déclaré le Dr Yonnelle Moukoumbi.

Au-delà de l’apprentissage technique, cette formation ambitionne de transformer les agriculteurs en véritables entrepreneurs.

Le programme repose sur trois axes principaux, à savoir l’entrepreneuriat et la gestion, la maîtrise des itinéraires techniques du riz pluvial et irrigué, ainsi que la gestion post-récolte et la certification semencière.

Pour Sévérin Bibang, Directeur des semences, la qualité des intrants constitue un facteur déterminant pour la réussite de cette stratégie.

« Le Gabon a la terre et la pluie. Ce qu’il nous manquait, c’était une semence de qualité. En multipliant ces variétés homologuées, nous pourrons enfin consommer notre propre riz », a-t-il indiqué.

Le Professeur Zinga Koumba a insisté sur la responsabilité des participants, désormais appelés à devenir des relais de cette dynamique à travers le pays, en contribuant à la structuration d’une véritable chaîne de valeur génératrice de richesse et d’emplois.

La première phase du programme, bien qu’encourageante, a révélé plusieurs limites, notamment un manque de suivi, des insuffisances en moyens et un faible taux d’application des acquis. Sur 38 participants formés, seuls trois avaient effectivement expérimenté la culture.

Tirant les leçons de cette première expérience, les organisateurs ont renforcé leur approche pour cette deuxième phase. Une sélection plus exigeante a été opérée, avec près de 100 candidatures pour 30 retenues, en privilégiant les coopératives structurées et les acteurs disposant de capacités d’investissement.

Un dispositif d’accompagnement renforcé est désormais prévu, incluant des visites de terrain, une assistance technique continue, un encadrement à travers des champs écoles paysans ainsi qu’une implication accrue du ministère de l’Agriculture.

Cette phase 2 se distingue ainsi par une orientation résolument tournée vers l’application concrète des acquis. Elle ambitionne de créer des sites pilotes performants, capables de démontrer la viabilité économique de la riziculture locale, et de poser les bases d’une souveraineté alimentaire durable au Gabon.

Betines Makosso

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