Le ras-le-bol des sénateurs

Quelques vénérables sénateurs gabonais @ DR

 
Libreville, 10 novembre (Gabonactu.com) – Dans un communiqué paru vendredi dans le journal pro-gouvernemental « l’Union », et faisant suite à la manière dont il a été éconduit mardi du palais du Sénat par les membres de la haute chambre du parlement, le ministre d’Etat en charge du Budget Jean Fidèle Otandault a tenté de se dédouaner en justifiant que « le gouvernement a payé le mensuel du mois d’août (700 millions de francs) et de septembre (700 millions) ». Reste à régulariser ajoute-t-il « les frais de la 2ème session ordinaire (sénateurs + personnel) pour un montant de 996 millions 640 mille francs) ». Mais il est resté tout de même muet sur les impayés des mois de septembre et octobre. Ce samedi, l’Union est revenu à la charge dans son billet Makaya.
À ce qu’il semble tout ceci fait monter les sénateurs la moutarde au nez, estimant que le ministère du budget fait les choses à dessein pour semer la confusion au sein de l’opinion et surtout de les jeter en pâture, a confié à Gabonactu.com, vendredi, un sénateur remonté.
« Il faut que les choses soient claires. Le ministre a été auditionné sur la loi de règlement 2017. Il ne l’a pas été sur la loi des finances 2019. Les sénateurs font des sacrifices depuis un certain temps. Mais les sénateurs observent malgré les difficultés de trésorerie du pays que les membres du gouvernement ne se sacrifient pas autant. Les efforts doivent être faits par tous mais pas toujours par les mêmes. De même le refus des sénateurs d’auditionner le ministre d’Etat n’est pas assimilable à un boycott », a indiqué un autre sénateur approché par Gabonactu.com.
Et de poursuivre ? : « Pourquoi le gouvernement est toujours prêt à sauter sur la moindre occasion pour se répandre dans les journaux lorsque des mères et pères de familles réclament leurs droits légitimes? Aurait-il fallu rester motus bouche cousue pour subir sans mot dire les manquements relatifs au traitement injuste infligé aux sénateurs et au personnel du Sénat ? Il est tout de même curieux de remarquer qu’à la moindre plainte des sénateurs sur des problèmes supposés d’intendance qui sont en fait des droits on en arrivent à défrayer la chronique à ce point. Eh bien tant mieux! Allons-y donc si nous voulons vraiment faire du déballage sur tout! ».
Selon lui, ce qui s’est produit mardi n’est que la conséquence d’un ras-le-bol résultant d’un certain nombre de situations qui ne permettent plus aux membres de la haute chambre du Parlement de travailler convenablement.
« Outre l’aspect des arriérés des frais de sessions, on relève également le retard dans le paiement des salaires du personnel du Sénat, la suspension depuis bientôt deux ans des prestations sociales notamment l’assurance- maladie du personnel et des sénateurs par les maisons d’assurance pour non-règlement des arriérés. A ce sujet, nous avons perdu dernièrement un collègue malade faute de prise en charge médicale », a-t-il révélé.
D’autres problèmes subsisteraient tels que le manque de carburant pour le fonctionnement du parc automobile de l’administration afin d’assurer le transport du personnel, la difficulté pour les commissions permanentes de travailler en toute sérénité faute de fournitures de bureaux et autres consommables. S’y ajouteraient le délabrement avancé de l’hémicycle Georges Rawiri, contraignant les sénateurs à tenir les séances plénières à huis clos dans la salle étroite Jean Hilaire Aubame, la non-représentativité du Parlement du Gabon aux instances internationales pour absence de frais de missions y compris pour des missions de contrôle de l’action gouvernementale à travers des enquêtes parlementaires.


Sydney IVEMBI


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