Gabon : des centres de prise en charge des enfants déficients et en difficultés sans subvention depuis des années

L’Ecole nationale pour les enfants déficients auditifs (ENEDA) de Nzeng-Yong, le Centre des enfants en difficultés d’Angondje et le Centre de rééducation « Mot à Mot » sont dans d’énormes difficultés de fonctionnement faute de subvention non versées par l’Etat depuis années.

En effet, depuis la fermeture de la Fondation Horizons Nouveaux, de nombreux parents, se sont retrouvés dans d’énormes difficultés de rééducation de leurs enfants. Heureusement pour eux, qu’un compatriote avait eu l’idée de remettre sur les rails le Centre de rééducation Mot à Mot spécialisé dans la prise en charge des enfants déficients auditifs, vers lequel ces parents se sont finalement tournés. Garant du bien-être de ses citoyens, l’Etat avait signé des conventions avec ce centre, non seulement pour la formation des éducateurs spécialisés, mais aussi pour subventionner cette structure qui ne reçoit plus un Kopeck depuis quelques années déjà.

Des raisons sont jusqu’ici inconnues, toujours est-il que de nombreux parents se plaignent. Notamment ceux qui avaient déjà retrouvé un réconfort en envoyant leurs enfants dans ce centre.  Aujourd’hui, Ils sont dans le désarroi total.


« Nos enfants sont arrivés à Mot à Mot avec des difficultés comportementales, de parole et de langage. Aujourd’hui, ils parlent et affichent un bon comportement à la maison. À la fin de l’année, on nous a parlé d’un programme de pédagogie spéciale d’adaptation pour l’intégration scolaire. Actuellement tout est annulé car la prise en charge des enfants handicapés demande des moyens humains et financiers », s’est plaint un parent d’élève en détresse motrice dont la réparation était en bonne voie.

Avec près d’une centaine d’enfants pris en charge, le centre de rééducation Mot à Mot  qui semble à bout de souffle fonctionne depuis 2011 avec les fonds propres et quelques aides des bienfaiteurs à l’instar de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba (FSBO) pour la Famille qui l’a offert récemment des jeux éducatifs.

« S’occuper de 8 enfants requiert la présence de 3 à 4 intervenants professionnels », a confié un spécialiste de la question, indiquant au passage que la prise en charge d’un enfant déficient auditif coûte cher.

En Europe, par exemple, la prise en charge journalière d’un enfant déficient s’élève à 169 euros, soit un peu plus 110 000 FCFA et celle-ci est financée par l’assurance maladie sous forme de dotation aux centres privés. Or au Centre Mot à Mot cette prise charge qui est en réalité une participation des parents au fonctionnement ne s’élèverait à peine qu’à 100 mille FCFA par mois.

Aujourd’hui, celui-ci ne bénéficie d’aucun accompagnement du gouvernement qui versait à l’époque une subvention de 10 millions de FCFA. Selon certaines indiscrétions, le Centre d’accueil d’Angondjé et ENEDA de Nzeng Ayong seraient dans la même situation de crise budgétaire en dépit des efforts entrepris par leurs responsables vers leur Ministère de tutelle, alors qu’on apprend sous d’autres cieux que leur tutelle verserait des sommes exorbitantes à certains établissements privés qui disposeraient des enfants dont les parents sont économiquement faibles.

Une situation qui est loin de s’arrimer à la politique du Chef de l’État qui a dit : « je ne serai heureux que lorsque que tous les Gabonais seront heureux ».

Camille Boussoughou


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