Litige foncier familial à Lalala de Libreville : une succession interpelle la justice sur un éventuel accaparement par un membre de la famille

La porte-parole de la famille Joséphine Ayo Marie durant le point de presse le 9 septembre à Libreville © Gabonactu.com

Un conflit familial autour d’une parcelle située à Lalala dans le 5e arrondissement de Libreville, prend une nouvelle tournure. La succession de feue Adibet Beyo née  Beto Be Sole  Ndong Helène a rendu public, le 9 septembre 2026, un point de presse au cours duquel elle a relaté plusieurs incidents survenus autour du terrain familial et mis en cause Carmela Adiatoulai Beyo, magistrate et procureure au Tribunal de Libreville. La famille assure toutefois ne pas rechercher la confrontation et dit vouloir que « la vérité soit établie dans le respect de la loi ».

Le différend porte sur une parcelle appartenant à la succession de feue Hélène Beto Be Sole. Selon les explications fournies par la famille, le terrain est occupé depuis de longues années par les descendants de sa fille aînée, Ayo Adibet Marie Louise. Mais cette occupation familiale fait aujourd’hui l’objet d’un contentieux avec Carmela Adiatoulai Beyo, présentée par la succession comme partie prenante au différend.

Face à une succession d’événements que ses membres jugent suffisamment sérieux, la famille a décidé de briser le silence. À travers la voix de sa porte-parole, Ayo Marie Joséphine, elle affirme privilégier les voies légales et judiciaires pour faire la lumière sur les faits dénoncés.

Le premier épisode rapporté par la succession remonte au 11 août 2026. Selon Ayo Marie Joséphine, Carmela Adiatoulai Beyo aurait fait procéder à la destruction du portail qui avait été scellé à l’entrée de la parcelle, afin de permettre le dépôt de matériel rempli dans un container.

Une vue du conteneur déposé dans la parcelle querellée en train d’être enlevé par une grue © Gabonactu.com

La succession affirme que deux personnes présentes sur les lieux auraient ensuite été privées de liberté. Il s’agirait de Igueza Adibet Jean Marie, présenté comme un cousin de la famille et qui aurait été retenu de 14 heures à 22 heures, ainsi que d’un employé prénommé Kayou, qui aurait, selon les déclarations de la famille, été retenu pendant trois jours.

Face à ces faits allégués, la famille indique avoir rapidement saisi les autorités compétentes afin que les circonstances exactes de ces événements puissent être établies. Trois jours plus tard, dans la nuit du 14 au 15 août, un nouvel incident aurait eu lieu sur la même parcelle.

Selon la succession, des personnes non identifiées dans un premier temps auraient pénétré sur le terrain pour y effectuer des travaux. Elles se seraient présentées comme des employés de Carmela Adiatoulai Beyo, ce que cette dernière aurait ensuite reconnu, selon les déclarations de la famille.

Toujours d’après les témoignages rapportés lors du point de presse, un homme présenté comme le compagnon de la magistrate se serait également trouvé parmi les personnes présentes. Des membres de la famille affirment avoir constaté personnellement son arrivée sur les lieux aux environs d’une heure du matin.

Le 16 août, la succession a alors déposé une plainte auprès du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville. Celle-ci porterait notamment sur la destruction du portail, le dépôt de matériel ainsi que les privations de liberté alléguées.

Alors que la famille espérait voir la situation évoluer par les voies judiciaires, un nouvel épisode est intervenu le 8 septembre, soit la veille du point de presse. Selon les éléments présentés par la succession, une grue aurait été mobilisée afin d’introduire un conteneur sur la parcelle litigieuse. Au cours de cette opération, le mur bordant le terrain aurait été endommagé pour permettre le passage de l’engin.

Pour Ayo Marie Joséphine, ces nouveaux faits allégués soulèvent des interrogations sur le respect des droits de la succession et des procédures applicables en matière foncière.

« Ces faits soulèvent légitimement la question du respect des droits de la succession et des procédures applicables en matière foncière », a-t-elle déclaré.

La porte-parole assure par ailleurs que la famille dispose de photographies, témoignages et constats susceptibles, le cas échéant, d’être transmis aux autorités compétentes afin de contribuer à l’établissement des faits.

Au-delà des accusations et des versions qui s’opposent, la succession dit surtout vouloir obtenir que la lumière soit faite sur les différents épisodes rapportés. Elle affirme ne pas vouloir entrer dans une logique de confrontation et privilégier les procédures prévues par la   loi pour défendre ce qu’elle considère comme ses droits sur la parcelle familiale.

Dans ce dossier où se mêlent succession, propriété foncière, interventions sur une parcelle litigieuse et accusations de faits susceptibles de relever de la justice, seule une vérification contradictoire des éléments et des procédures engagées permettra d’établir précisément les responsabilités.

Pour la famille, le mot d’ordre reste donc clair : « que la vérité soit établie dans le respect de la loi ».

Antoine Relaxe

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